Contes et légendes du Vietnam - Adaptations et conte : Isabelle (...)

Dernier ajout : 1er novembre 2014.

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Do duy Tuan - la jeune fille avec l’oiseau en cage

"La représentation du Kieu à Vitry pour l’association Lac Viet a été émouvante, avec dans le public une majorité de vietnamiens qui connaissent l’histoire et qui étaient heureux de l’entendre dans une autre langue. Les manifestations d’approbation pendant la racontée, lors de passages populaires étaient aussi drôles que rassurants, et le silence attentionné un véritable confort. C’était un grand honneur de recevoir leurs remerciements et les encouragements pour la suite du projet.
Les retours chaleureux sur le spectacle permettent d’en proposer de suivantes, ce qui nous promet d’agréables moments de partage à propos de cette oeuvre majeure du patrimoine culturel vietnamien.
Notre souhait le plus cher est que cette adaptation soit à la fois entendue par les connaisseurs du Kieu mais franchisse aussi les frontières pour porter à chaque oreille, de tous horizons, ce texte qui est une ode à la femme, un chant de courage, en plus d’être un poème national.
La représentation à Vendôme s’est également bien passée. Les personnes qui ont suivi le travail depuis ses balbutiements jusqu’à présent (projet dirigé par Bruno De La Salle, directeur du Clio) ont reçu le texte avec attention et émotion. C’était un pallier pour voir si et comment l’histoire toucherait des spectateurs qui n’ont pas de lien avec le Vietnam, qui n’étaient pas sensible à ce type de récit, très oriental et inscrit dans le bouddhisme, bien loin de la sensibilité européenne, comme l’avait été la représentation au festival Epos en juillet 14. Le retour est également enthousiasmant et rejoint de nos jours, à quelques mots près, le prologue écrit par Nguyen Du : « Ce livre, lu tant de fois à la lumière de la lampe, raconte une histoire d’hier, encore parlante aujourd’hui

 »
Deux représentations sont programmées avec certitude en mars et en octobre 2015, d’autres sont à confirmer.
Souhaitons que le Kieu puisse se raconter aujourd’hui, auprès de tous.
Je tiens aussi à remercier chaleureusement Do Duy Tuan, le peintre du tableau qui fait notre affiche. Il nous a accordé les droits à titre grâcieux de « La jeune fille à la cage » et tout en peignant, avait dans l’oreille l’un des morceaux traditionnels vietnamien qui accompagne le récit. La rencontre est belle, et son accord généreux.

Contes et légendes du Vietnam

 Adaptations et conte : Isabelle genlis Musique : Hô Thuy Trang

A partir de 8 ans
« Tout s’est passé au temps où la pousse de paddy, des confins de sa rizière, écoutait la pluie. Elle lui murmurait les histoires des peuples du Vietnam qu’elle avait survolés. Chaque goutte était gorgée de mémoire et rendait le riz bavard. Les hommes, les pieds dans la boue, le dos courbé, les mains nues, remplissaient leurs hottes des paroles de leurs frères, puis il rentraient et les mangeaient. »
Contact : Isabelle Genlis 06 83 18 37 46 / genlisabel gmail.com site http://isabellegenlis.free.fr/
En partenariat avec La compagnie des bonnes langues

 Projet

Paroles de Dragon, contes traditionnels des peuples du Vietnam, présente Les textes fondateurs, témoins de la riche culture vietnamienne.
Ils sont les miroirs d’une société sans cesse en mouvement depuis le début des temps, de la création du monde à nos jours.
Issus d’une culture animiste, ils racontent la nature et ses mystères, dont l’homme est le cœur vibrant ; Un retour aux sens et aux sources.
Histoires racontées sur les places de village, aux veillées, transmis à travers les générations, nous les proposons aujourd’hui au public francophone :
Un pont culturel, pour qu’hier puisse inspirer demain...
Jeunes Filles millénaires, les histoires révèlent, dénouent et lient, dansent au delà de la tradition qui leur a ouvert la « Voie-­‐x ». Leur sagesse a eu raison du temps, leur humour des drames, leur liberté des frontières.
Loin de l’Asie, elles égrènent aujourd’hui hardiment leurs mystères enchanteurs et racontent, avant tout, les hommes.
Isabelle Genlis les a reçus de linguistes et de son entourage vietnamien. Elle témoigne de cette mémoire vive et en partage la sagesse, la ruse, l’humour et la poésie.
Hô Thuy trang, concertiste internationale, et spéxialiste de la musique traditionnelle du Vietnam, est associée à son projet, afin de tisser musiques et chants des peuples évoqués, à la parole. Notes et accents font résonner les mots et les sens.
Paroles de dragon est joué dans nombreux festivals, médiathèques, musées ainsi que dans les lieux qui ont célébré l’année croisée France Vietnam.

 Paroles de dragon

Brodés d’humour, de poésie, teintés de malice et emprunts de sagesse, les Paroles de Dragon nous invitent au voyage parmi différents peuples du Vietnam, aux traditions orales et musicales riches et variées.
Du nord au sud Vietnam, nous remontons le temps jusqu’au dragon fondateur dont les fils, les hommes peupleront le pays et transmettront leur histoire :
Des mers aux hauts plateaux en passant par la cour, nous découvrons :
Les premiers rois et leur sagesse universelle, Le mystère de l’immortalité,
Les histoires d’amour entre ciel et terre,
La patience des pierres au cœur chaud,
Le respect de la nature protectrice...
sous la bienveillance des esprits et des génies, présents dans chaque pierre, bavards dans chaque feuille de bambou.
« Les légendes et les contes habitent dans les pagodes au toit recourbé, elles se blottissent au pied des troncs d’arbre, elles s’attachent aux pierres, elles descendent avec les dernières lueurs du soir, flottent dans l’air tiède des nuits, et voltigent dans la lumière des lucioles. »
Chaque histoire est rythmée par les chants et musiques traditionnels qui s’y attachent. Hô Thuy Trang, dépositaire de ces trésors patrimoniaux s’y adonnent et s’en inspirent ; un jeu entre français et vietnamien, entre notes et mots...
Durée : 1h
A partir de 8 ans

 Extraits

« Lorsque le temps était graine dans la rizière de l’univers, le Cygne et le Corbeau ont offert le jour et la nuit au monde. A l’aube naissante, la déesse Au Cô a quitté le royaume des cieux, le dragon Lac Long Quan, a quitté le royaume des eaux et ensemble, ont découvert la terre.
Lorsque le temps fut gerbes de riz foisonnantes dans les rizières de l’univers, Au Cô donna naissance à une poche de cent œufs. Les coquilles se fendirent, deux bras se tendirent, cent cœurs vibrèrent, cinquante garçons et cinquante filles babillèrent... Les Hommes étaient nés. »
(Le dragon et l’immortelle)
« Cuôï se frotta les mains et cueillit la plus belle feuille de sa pousse de banian. Il la mâcha et caressa les lèvres de la jeune femme avec la pâte de vie. Des yeux de lotus, des pommettes pivoines, une peau de jade ! S’il la quittait, c’est lui qui mourrait. Comme son heure n’était pas venue, l’empereur de jade souffla l’amour dans le cœur de la revenante. Ils se présentèrent main dans la main devant le juge. Le notable lui jura protection et lui offrit la main de sa fille. Cuôï se régala des plats qu’il avait ravis à la mort, dépitée, et ce n’était que les premiers !
Il traversa le village, Il n’était plus le fou, il était escorté par les gongs, son épouse au bras, son chien près de lui, son banian en trophée. Il le planta derrière sa petite maison, recommanda à son épouse de ne l’arroser qu’avec l’eau de la rivière... » (Cuôï de la lune)
« Des larmes de bonheur baignèrent les joues creusées du père. Lorsqu’il les essuya, il sentit les années plisser sous le bout de ses doigts. Il n’avait pas de temps à perdre. Il pela une orange et la mangea. Il fut investi de la puissance du tigre. La lune s’essouffla à le suivre. Au troisième jour, il était sur les berges du Fleuve Rouge. Il s’assit sur la rive pour savourer sa réussite.
Il avait soigneusement enroulé la boite des arbres dans un pan de sa chemise.
- ­‐Un seul coup d’œil... un avant-­‐goût... une brindille, se disait-­‐il.
Il l’entrouvrit : colonnes, chevrons, pilotis, poutres, planches s’échappèrent pêle-­‐mêle et bondirent dans le fleuve. Pétrifié, il vit le courant les emporter, en même temps que sa chance, que ses efforts, noyés dans les flots de son impatience.
Pourtant, il lui fallait le bois, il lui fallait repartir à la montagne des arbres... » (Graines de Patience)
« Khun Lô rentrait chez lui quand un tumulte de gongs pressa son pas rêveur. Le fils du ciel était venu, avait exigé U Tiên en mariage, sans porter le vin de riz. Les parents de la jeune fille tuaient buffles et cochons pour sceller cette union. Le jeune homme se précipita jusqu’à la maison du seigneur. La demeure était encerclée par une nuée de soldats célestes. Ils brandirent leurs cimeterres. Les lames acérées fendirent le sol. Khun Lô s’arrêta net et découvrit un azur déchiré par la lutte des pas contraints et forcés de U Tiên. Le fils du Ciel s’envolait derrière un rideau de poussière, ruisselant des larmes de sa captive. Il riait :
- ­‐Ta course est vaine ! Ton amour est tranché. Il est mien désormais.
Khun Lô passa ses journées à guetter le Ciel, la porte du palais et le seuil déserté. Ce mariage indigne avait fait frissonner les nuages, mais aucun n’avait eu le courage de lui

dévoiler l’ombre de sa bien aimée. » (La Flûte Oï)
« La petite soeur attendit son époux pendant six lunes. Puis elle s’étonna de son silence, s’inquiéta de son absence. Elle le guetta, mais la cour de la maison ne lui ouvrait pas un horizon suffisant. Elle voulait le voir arriver de loin. Elle voulait surveiller les frontières, le bleu infini de la mer. Elle voulait le deviner au creux des vagues et s’élancer vers lui.
Elle s’installa sur la montagne qui dominait le pays. Ses yeux étaient ceux de l’aigle et avaient appris à reconnaitre le plus petit insecte au lointain. Debout, imperturbable, elle scrutait et attendait.
Elle attendit, si longtemps, si forte que le vent ne la fouettait plus, que la pluie ne la mouillait plus. La montagne adopta les courbes de son corps, plus douces que son amour, et recouvrit les vallons de sa chair, plus dure que la douleur.
La petite soeur s’était faite rocher. » (Le rocher de l’attente) © Isabelle Genlis
Paroles de Dragon au Musée Cernuschi, au festival Paroles de conteurs, au colloque Guerre et Paix et en médiathèque :

Isabelle Genlis, conteuse, comédienne Adaptations et contes
Comédienne, Isabelle Genlis, formée au conservatoire de Saint Germain en Laye obtient un premier prix d’interprétation puis joue avec plusieurs compagnies puis rencontre le metteur en scène Alain Knapp avant de fonder sa compagnie, Corps et Âmes. Elle participe également aux créations du Théâtre Odyssée qui entretient un échange artistique avec une compagnie coréenne.
Elle travaille avec Sotigui Kouyaté, pour plusieurs projets dans différents pays. Griot, il l’initie à l’art du conte et à l’importance de la transmission de la tradition orale. C’est alors qu’Isabelle s’intéresse au Vietnam pays d’une partie de sa famille. Elle travaille auprès de linguistes, recueille des histoires auprès de son entourage vietnamien, puis crée des spectacles de contes traditionnels.

- Au musée du quai Branly, Isabelle conte pour le plateau des collections asiatiques ainsi que pour les expositions temporaires et les évènements liés à ce continent. Elle joue - également au musée Cernuschi, dans les festivals, centres culturels, médiathèques, écoles, prisons...
En 2011 elle rejoint le Centre de Littérature Orale, CLIO-­‐ où elle entreprend l’adaptation du poème national vietnamien : Kim Van Kieu de Nguyên Du sous la direction de Bruno de la Salle.