échec de la conférence de Phnom Penh le 13 juillet 2012

Dernier ajout : 21 juillet 2012.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/07/13/le-contentieux-sur-la-mer-de-chine-meridionale-fait-echouer-le-sommet-de-l-asean_1733571_3216.html
Le Monde.fr | 13.07.2012 à 13h01 • Mis à jour le 13.07.2012 à 13h09

Le contentieux sur la mer de Chine fait échouer une réunion de l’Asean

Par François Bougon


La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, lors d’une conférence régionale de l’Asean, le 13 juillet à Phnom Penh. | AFP/HOANG DINH NAM

C’est une première en 45 ans d’existence : l’Association des nations de l’Asie du Sud-est (Asean) n’a pas réussi à publier un communiqué commun à l’issue d’une conférence régionale. Réunis à Phnom Penh, les dix membres de l’organisation régionale ont trébuché sur la question controversée de la mer de Chine méridionale, où quatre de ses membres (Philippines, Vietnam, Malaisie et Brunei) s’opposent à la Chine, qui revendique la souveraineté de ce territoire maritime riche en ressources halieutiques et énergétiques.

Après une série d’incidents ces derniers mois, les Philippines et le Vietnam plaidaient pour que le texte aborde le sujet, a expliqué le secrétaire général de l’Asean, Surin Pitsuwan. Mais Manille a accusé le Cambodge, hôte de la conférence et proche allié de Pékin, d’avoir fait obstruction et "s’être constamment opposé à toute mention de l’atoll de Scarborough".

Depuis avril, la tension a monté entre Manille et Pékin autour de ces récifs en grande partie submergés à marée haute. Les Philippines accusent les pêcheurs chinois de venir braconner dans sa zone économique exclusive, protégés par les patrouilleurs, appartenant à des forces non militaires. Face à la puissance chinoise, Manille ne dispose que d’un seul bâtiment, un ancien navire des garde-côtes américains reconverti.

"QUAND LES CONDITIONS SERONT MÛRES"...
"J’ai dit à mes collègues que la réunion des ministres des affaires étrangères de l’Asean n’est pas un tribunal, un lieu où prononcer un jugement sur le conflit", a répondu le chef de la diplomatie cambodgienne, Hor Namhong, interrogé par la presse. Son homologue indonésien, Marty Natalegawa, s’est déclaré "très déçu qu’à la dernière minute, les pays de l’Asean ne soient pas capables de trouver un certain terrain d’entente sur la mer de Chine méridionale". "Nous avons connu tellement de problèmes par le passé, mais nous avions toujours réussi à nous mettre d’accord pour parler d’une seule voix", a-t-il lancé.

Depuis 2002, l’Asean tente de négocier un "code de conduite" avec la Chine, mais, comme le soulignait James Holmes, professeur de stratégie au US Naval War College, mercredi 4 juillet lors d’une conférence à l’IFRI à Paris, il est "largement dénué de sens". Avant la réunion de l’Asean, la vice-ministre chinoise des affaires étrangères, Fu Ying, avait indiqué que Pékin commencerait des discussions sur ce code "quand les conditions seront mûres"...

Pékin revendique la souveraineté sur la Mer de Chine méridionale au nom d’une présence historique, une revendication contestée par les pays riverains, qui menacent d’avoir recours aux instances internationales. Les Philippines et le Vietnam se sont également rapprochés des Etats-Unis, qui souhaitent renforcer leur présence en Asie-Pacifique.

Présent au forum régional de l’Asean qui reunit également la Chine, les États-Unis et des nations asiatiques non membres de l’Asean, Hillary Clinton a mis en garde Pékin tout en assurant que Washington ne se rangerait au côté d’aucune partie. "Des sujets comme la liberté de navigation et l’exploitation licite des ressources maritimes impliquent souvent une vaste région et les aborder strictement de manière bilatérale peut mener à la confusion, voire à la confrontation", a-t-elle dit à Phnom Penh.

François Bougon