Échos de la coopération décentralisée franco-vietnami

Dernier ajout : 8 septembre 2015.

Échos de la coopération décentralisée franco-vietnamienne dans le champ de l’urbain
l’ouvrage peut-être téléchargé : http://paddi.vn/wp-content/uploads/FaireLaVille_23-09.pdf

Deux régions françaises, avec le soutien de l’Agence Française de Développement, sont à la pointe de la coopération décentralisée avec le Viêt-Nam dans le domaine particulier du développement. Cet engagement s’est notamment traduit par la publication, en juillet 2014, d’un ouvrage sur la question, puis par la tenue d’un dîner débat à Paris le 29 juin 2015.

S’agissant de l’ouvrage dont s’agit, il s’intitule : « Faire la Ville : lecture croisée des méthodes et outils de l’urbanisme en France et au Viêtnam - Capitalisation des expériences de la coopération décentralisée ». Il est le fruit d’une collaboration entre des autorités vietnamiennes et deux organisations : l’une le PADDI (Centre de Prospective et d’Études Urbaines) dont le siège est à Ho Chi Minh Ville qui a le soutien de la Région Rhône - Alpes ; l’autre l’IMV (Institut des Métiers de la Ville) lequel a élu domicile à Hanoï œuvre au renforcement de la coopération technique avec la Région Île-de-France. PADDI et IMV bénéficient du soutien de l’Agence Française de Développement, dont on connaît l’engagement en faveur de collectivités publiques oeuvrant notamment dans l’urbanisme. Le livre « faire la ville… » traite de l’histoire, de l’organisation administrative, des méthodes et des outils de planification urbaine ou encore des mécanismes socio-économiques des grandes aires urbaines françaises et vietnamiennes. L’ouvrage s’inscrit dans une tradition déjà bien ancrée de coopération décentralisée. Rappelons-nous : l’Agence d’urbanisme de Lyon coopère avec Ho Chi Minh Ville depuis 25 ans via le grand Lyon. Elle travaille en outre avec le PADDI depuis 2006. Cette année là justement, IMV et PADDI avaient œuvré de concert pour publier un ouvrage chez l’éditeur Karthala sur « La ville vietnamienne en transition ». Quant à la Région Île de France, elle a prêté son concours dès 2001 à la mise à disposition d’un instrument, précisément l’IMV, en vue de faciliter l’élaboration des politiques urbaines au service des cadres du Comité Populaire de Hanoï dans leur travail quotidien. De nos jours, et si l’on en croit l’ouvrage sur « Faire la ville… », cinq grands thèmes sont considérés comme les préoccupations majeures des deux métropoles vietnamiennes : planification urbaine et régionale ; foncier urbain ; transports collectifs urbains ; logement ; patrimoine.

S’agissant de l’intérêt de spécialistes pour les politiques de développement urbain (essentiellement à Hanoi et HCM Ville), il ne se dément pas. Il a été récemment réaffirmé lors d’un dîner débat, le 29 juin 2015, lequel s’est tenu dans un haut-lieu non seulement de la gastronomie vietnamienne mais aussi de la coopération gouvernementale avec le Viêt-Nam, puisqu’il s’est tenu dans un restaurant vietnamien bien connu du quartier latin à Paris, pour l’accueil bienveillant qu’il réserve traditionnellement à volontiers de telles réunions depuis un certain nombre d’années. Lors de cette rencontre, représentants de l’IMV et du PADDI et observateurs ont pu dresser un bilan positif de leurs activités au service de l’urbanisme. Dans le cas du PADDI par exemple, quelques 2500 cadres vietnamiens ont suivi depuis dix ans les programmes de formation du Centre et nombre d’entre eux ont eu des évolutions favorables de carrière. La demande de formation, qui était au départ surtout technique et sectorielle, a même évolué vers la gouvernance de projets et vers des programmes plus transversaux, en décalage avec l’organisation traditionnelle, très cloisonnée, des services publics vietnamiens. L’articulation transports/urbanisme, quant à elle, a fait l’objet d’une demande très forte. Si dans des champs techniques de coopération comme les transports, l’environnement ou la protection des espaces naturels en milieu urbain, les résultats ont été visibles, il n’en va pas de même en revanche dans le cas des champs de coopération institutionnels ou juridiques. A ce stade les résultats semblent se faire quelque peu attendre. Selon l’IMV, les difficultés pour améliorer la conduite du développement urbain ne viennent pas tant des instances techniques de la ville ou de l’État. A ce stade, les choses peuvent même aller assez vite. Mais des ralentissements peuvent provenir de certaines instances décisionnelles, tels les « comités populaires ». Leur mode de fonctionnement peut ralentir, sinon contrecarrer la réalisation de projets, à l’exemple du schéma directeur de Hanoï, toujours en instance d’approbation cinq années après sa mise au point. De toute évidence, les autorités locales ont des pouvoirs limités, mais - heureusement ou malheureusement - leur action est très encadrée par le poids du niveau national…
Michel Prouzet, Avocat au Barreau de Paris