Editoriaux 2013

Dernier ajout : 20 janvier 2013.

- octobre 2013
ENFIN !

Depuis le début de l’année dernière, lors des entretiens que nous avons pu avoir, en tant qu’association, avec le ministère des Affaires étrangères, nous avons demandé comment le gouvernement français concevait ses partenariats stratégiques et obtenu à ce propos une réponse claire et fort utile. Cela n’avait pas été le cas lorsque la question fut étendue, à trois reprises, à la conclusion d’un tel partenariat avec le Vietnam, les réponses ayant été successivement étonnée, dubitative et prudente. Aussi est-ce avec une vive satisfaction que nous avons appris la signature d’un tel accord lors de la récente visite à Paris du premier ministre Nguyen Tan Dung.

Certes, depuis l’établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays, il y a de cela quarante ans déjà, un important chemin a été parcouru, qui a été jalonné de rencontres de haut niveau, à commencer par celle du premier ministre Pham Van Dong en 1977 et la signature d’un protocole de coopération, et les étapes importantes que furent la visite d’État du président Mitterrand en 1993 et celle du président Chirac en 1997, pour le sommet de la Francophonie de Hanoi, puis sa visite d’État en 2004. Dans le dis- cours qu’il avait prononcé devant le comité populaire de Ho Chi Minh ville, le premier avait parlé, avec rai- son, de « retrouvailles franco-vietnamiennes », mais force est de constater qu’en dépit d’un élargissement et d’un approfondissement indéniables des relations bilatérales, la progression a été erratique et demeure insuffisante. Cela est vrai des échanges et des accords économiques, mais pas uniquement, et le Vietnam a été particulièrement affecté par la réduction globale des moyens alloués à la coopération culturelle.

Nous n’entendons pas japper aux basques des responsables de nos pays ni jouer les « Monsieur Plus », mais il nous semblait que la prise en compte de l’évolution du Vietnam, des succès qu’il a enregistrés comme des défis qu’il rencontre, de sa place dans le monde, qui ne se limite pas à son poids démographique, du rôle qu’il joue sur les plans régional et international, ou encore de l’attachement qu’il continue à manifester pour la francophonie, restait insuffisante. Un partenariat stratégique regroupe tous les champs couverts par des accords d’État à État et à ce titre ne constitue pas en soi un bond en avant, encore que certains d’entre ces domaines, c’est notamment le cas des questions de sécurité et de défense, aient été en l’occurrence sensiblement consolidés. À nos yeux, le partenariat qui vient d’être conclu signifie toutefois que, dans son action internationale, la France reconnaît la nécessité de dialoguer avec le Vietnam, ce qui implique que celui-ci soit écouté et compris, que des convergences soient recherchées et que, dans toute la mesure du possible, des actions soient engagées de concert. Le Vietnam le souhaitait, le pas a été franchi et cela ouvre un horizon plus large à notre association.
Patrice Jorland

- Juillet 2013

Le Viêt Nam et le septième art
Cinéma vietnamien et cinéma au Viêt Nam
À l’approche de l’année du Viêt Nam en France qui, répétons-le, se déroulera de janvier à septembre 2014, « Perspectives » envisage de consacrer plu- sieurs dossiers à la culture vietnamienne. Certes, l’année croisée recouvre l’ensemble des champs, de la médecine aux relations économiques, toutefois c’est par la culture, conçue selon la définition de l’anthropologue Marcel Mauss comme ce qui permet à un groupe humain de se connaître, que des peuples peuvent se comprendre. À cet égard, on ne saurait dire qu’il y ait eu, en France, une véritable réception de la culture vietnamienne. C’est une des raisons pour lesquelles notre revue lui réserve une attention particulière et, sans remonter très loin dans le temps, les lecteurs se souviennent sans doute du dossier que nous avions consacré à la musique (Perspectives France - Vietnam • N°82 • Juillet 2012 Entretien avec Nguyen Thien Dao ou une rencontre musicale entre Orient et Occident Qu’est ce qui distingue le Viêt Nam et la France dans l’approche de la musique ?).
Cette série commence avec le cinéma. Considéré en France comme le septième art, il y bénéficie d’une couverture importante de la part des grands médias et de multiples revues spécialisées. Ce n’est pas un cas général car, dans bien des pays, le cinéma est traité sous l’angle du divertissement ou comme une « industrie culturelle » dont les critères seront les recettes, la rentabilité et les parts de marché. Ailleurs, au Japon ou en Italie par exemple, dont les filmographies étaient pourtant prestigieuses, on a assisté à une chute massive du nombre de salles et de films produits. On pourrait également évoquer la situation des pays ayant appartenu au camp du « socialisme réellement existant », de laquelle semble se rapprocher celle du Viêt Nam. Au risque d’être brutal, le cinéma vietnamien avait quasiment disparu au cours des deux dernières décennies. Il y a dix ans le cinéma vietnamien est autorisé à accéder au secteur privé. Les jeunes générations déterminent le cinéma qui leur convient. Une nouvelle orientation paraît avoir été prise. Annonce-t-elle un renouveau ou participe- t-elle du marketing ? C’est aux lecteurs d’en juger.


Un soutien constant Janvier 2013
L’année s’achève et une autre pointe à l’horizon.
L’état de santé de l’AAFV est satisfaisant puisque,
au 7 décembre, nous comptions 617 adhérents, soit
davantage qu’en 2011, donnée qui confi rme la tendance
enregistrée ces dernières années. L’érosion des
effectifs semble bien enrayée et nous en sommes redevables
à l’action de nos comités locaux. Par contre,
le nombre des abonnements à « Perspectives » est
passé de 394 en 2011 à 372 en 2012. Cela ne laisse
d’étonner, car la qualité de la revue ne nous semble
pas avoir faibli ni dans la forme ni dans son contenu
et il va de soi que la rédaction reste ouverte à toutes
les remarques ou propositions que ses lecteurs pourraient
lui faire afi n que la publication réponde encore
mieux à leurs attentes. Certes, l’abonnement n’est
pas une obligation et l’on peut très bien admettre que
des adhérents préfèrent se reporter à notre site Internet,
que nous sommes en train d’améliorer, ou soient
plus intéressés par les activités conviviales qu’offrent
les comités locaux. Il reste que « Perspectives » est
notre bien commun, qu’elle est le lien entre tous les
adhérents, le refl et de notre action et une précieuse
source d’information sur le Vietnam. Aussi conviendrait-
il d’engager de nouveaux efforts pour mieux la
faire connaître, au sein comme en dehors de l’association,
et de l’associer davantage aux initiatives que
nous pouvons prendre. C’est à cette fi n qu’au cours
de l’année nouvelle, les instances élues chercheront
à la diffuser auprès des élus, collectivités et établissements
publics qui s’intéressent au Vietnam et coopèrent
avec lui.
La publicité que nous parvenons à obtenir grâce à
l’action incessante de notre ancienne présidente, Hélène
Luc, nous permet de faire face aux frais d’impression
et de routage, mais rien ne peut garantir
qu’il en sera ainsi ad vitam aeternam. Afin d’équilibrer
notre budget, il a également fallu que nous nous
privions des services de la secrétaire – un CDI lui a
été trouvé sans délai – qui assurait un 2/3 de temps
et les indispensables tâches administratives sont désormais
assumées par quelques membres du bureau
national, qui tiennent également les permanences.
Nous ne pouvons cependant aller beaucoup plus loin
dans les économies et c’est donc un appel permanent
à souscription que le comité national a décidé de lancer
lors de sa dernière réunion de l’année. Il sera réitéré
numéro après numéro. Pour se maintenir et pour
se renforcer, notre association a besoin non d’un élan
éphémère, mais d’un soutien constant, à la mesure
des moyens de chacun.
Patrice Jorland