funérailles à Hanoi

Dernier ajout : 24 janvier 2011.

Les funérailles
Selon un proverbe vietnamien, « la mort signifie le
bout du chemin », d’où l’importance d’avoir des funérailles
solennelles. Les diverses étapes suivent un ordre précis.
Propos recueillis par Le Thi Thu Thuy auprès d’une
de ses collègues de l’Institut de la Littérature de
Hanoi…

- Le défunt est d’abord lavé, habillé et parfumé.
- On lui met des vêtements neufs mais on garde les
vieux que l’on cale autour du mort dans le cercueil.
- On garde une vieille chemise pour invoquer son âme.
- On lui met ses bas et ses gants pour en faciliter l’exhumation.
- On lui introduit un peu de riz et trois pièces de monnaie
dans la bouche à l’aide de baguettes ; il faut mettre
(pour les hommes) sept petits morceaux d’or aplatis,
7 grains du sel, 7 grains du riz, 7 vieilles pièces de
monnaie dans la bouche ; ( au nombre de 9 – pour les
femmes).
- Puis, dans un petit sac, une poignée de sel,
une poignée de riz au poignet du mort pour que le
mort ait de quoi manger et de quoi chasser les démons
en l’enfer.
- Il faut mettre aussi dans le cercueil un jeu de carte dit Chan. C’est la fermeture de la bouche.
- Le corps repose à terre sur une natte parce que selon le dicton, « celui qui est né du sol y retourne ».
- Le mort est ensuite enveloppé d’un linceul de toile blanche couché dans le cercueil.

Durant la cérémonie funèbre, la famille du défunt porte les vêtements du deuil ; les fils et les filles portent des turbans et des tuniques de gaze blanche et un chapeau fait de feuilles de bananiers séchées.
- Le jour et l’heure des obsèques sont choisis soigneusement.
Des bannières et des couronnes de fleurs accompagneront le cortège funèbre.
Ceux qui assisteront aux obsèques suivront le cercueil en jetant de petits papiers dorés sur la route.
- Ensuite la famille consulte un sorcier qui s’occupe des cérémonies des funérailles pour savoir quand sera le moment favorable pour mettre le défunt dans le cercueil, le moment pour l’enterrement, la date de
l’enterrement.
- Au moment de mettre le mort dans le cercueil, les proches nés sous le même signe que celui-ci ou « contre » le signe du mort ne doivent pas
être présents car le mort peut les faire mourir avec lui.
- Puis on prépare l’autel mais on ne met pas encore le portrait du mort, on le mettra quand le cercueil sera fermé, puis on met un bol d’encens, un bol de riz avec un œuf dur, une baguette hérissée, des fruits, des papiers votifs, des turbans de deuil pour donner après la cérémonie du port du deuil, aux proches.
- Puis la famille doit encore acheter des fruits, des papiers votifs, de la fausse monnaie pour le culte du génie de la terre ßu où a lieu l’enterrement.
Après l’enterrement (soit dans un cimetière, soit dans son pays natal, ou bien encore on demande une incinération ce qui devient très populaire maintenant car le cimetière de Van Dien est saturé) – maintenant
on peut acheter un carré de terre pour le mort et on construira une petite maison pour lui…
- Sur le chemin de retour les proches dispersent les carrés
de faux or sur le chemin pour que le défunt puisse
retrouver le chemin qui le mène chez lui…
- Un culte est rendu le troisième jour,
- le quarante-neuvième jour, le centième jour après le décès…
Ces jours-là il faut brûler continuellement des bâtons d’encens, inviter un maître de culte pour que l’âme atteigne le salut…

Mais aujourd’hui et c’est nouveau, il y a des familles qui confient tout aux pompes funèbres (qui s’occupent du mort de A à Z), ou (même au sein des hôpitaux). Dès que le décès est déclaré on téléphone directement
aux pompes funèbres et la famille paye une somme de 35 à 50 millions de VND. À Hanoi il y a une entreprise au 125 Phung Hung, en parallèle d’autres se sont créées au sein des hôpitaux.
Il y a un mois, j’ai été témoin de la mort du père de ma collègue. Son père était malade depuis deux mois et les médecins ont demandé qu’il soit ramené chez lui car on n’avait plus de médicaments pour le guérir.
Alors, la famille était très triste, mais il était aussi très vieux (89 ans), on a préparé des trucs pour sa mort. Et après un mois il est mort. C’est beaucoup plus simple maintenant car la maison des funérailles peut tout organiser si la famille la paye (environ de 35 à 50 millions VND). Mais dans tous les cas, la famille doit préparer un autel, de l’argent et du riz pour
mettre dans la bouche du mort (car le mort doit traverser la rivière pour passer dans l’au-delà, les sous pour payer la barque et du riz pour manger au cours du chemin).
- La maison des funérailles achète le cercueil, du thé, des garnitures pour le cercueil afin de sécher le mort
(pour raison d’hygiène…)
Et quand les enfants et les proches sont au complet (car souvent ils viennent de loin, ou de l’étranger), on
peut enfin célébrer la cérémonie du port du deuil et fixer le jour de l’enterrement.
Le cercueil est descendu dans une fosse. La famille portera des offrandes trois jours après l’enterrement.
La famille cesse d’apporter du riz le 49e jour après les funérailles selon le rite le trung that.
- Cent jours après, c’est la cérémonie de la fin des pleurs.
- L’année suivante, la famille organise une cérémonie pour commémorer
la mort de l’être cher.
- La fin du deuil a lieu deux ans plus tard.

Aujourd’hui, les funérailles sont plus simples. Le corps est recouvert d’un linceul avant d’être couché dans le cercueil. Ensuite ont lieu le cortège funèbre, l’ensevelissement du cercueil et les visites. Les membres de la famille portent le turban blanc ou la bande funéraire noire autour du bras en signe de deuil.