Gérard Holtzer • Le monde de l’art contemporain du Việt-Nam interpelle

Dernier ajout : 28 août 2015.

Le marché de l’art contemporain connaît un développement important dans le monde et celui de l’art contemporain asiatique se développe davantage encore, essentiellement en Chine [1]. Plusieurs pays asiatiques commencent à faire parler d’eux, comme nouveaux marchés émergents, notamment les Philippines. Art Stage Singapore 2014 [2] s’est déroulé en janvier 2014 [3] mais le Việt-Nam y a été peu présent, alors que d’autres pays beaucoup moins importants y ont été représentés comme le Cambodge et le Myanmar. Art Stage Singapore 2015, en janvier 2015, a accueilli deux galeries du Việt-Nam. Les rapports par pays diffusés à cette occasion indiquent que le marché de l’art contemporain au Việt Nam est très réduit [4] . Cette faiblesse peut étonner : le Việt-Nam a connu de multiples influences culturelles chinoises, hindoues, françaises, soviétiques, américaines soit les plus diverses de tous les pays asiatiques [5] et celles-ci pourraient enrichir l’art contemporain de ce pays. Les liens de la France avec le Việt-Nam restent forts. Dans le cadre de l’année croisée Việt-Nam-France en 2014, « un colloque scientifique international » Arts du Việt-Nam, nouvelles approches, a été organisé en septembre 2014 à Paris et a montré des développements alliant tradition et modernité. Les pays émergents cités dans le rapport d’Artprice d’une part n’ont pas connu toutes ces influences et d’autre part n’ont pas une puissance économique bien supérieure à celle du Việt-Nam. Pourquoi le Việt Nam n’est-il pas plus présent ? Celui-ci est le troisième pays le plus peuplé de l’Asie orientale après la Chine et le Japon ; il a connu les taux d’expansion économique les plus élevés après la Chine, dans les 20 dernières années [6]. La revue Art Asia Pacific publie annuellement une description des marchés des pays asiatiques et quelques informations factuelles simples corrélées à l’art. La comparaison par rapport à des pays de stade de développement proche, soit les Philippines, la Thaïlande, montre que le Việt-Nam se distingue d’eux par une faiblesse importante en valeurs des exportations des œuvres d’art, en nombre d’étudiants en beaux-arts, en musées, en espaces d’expositions d’art contemporain, en fondations d’art. Il n’est donc pas étonnant que l’art contemporain soit peu présent dans les foires internationales d’art. Le marché de l’art contemporain semble être devenu un problème d’actualité puisque deux articles récents de quotidiens Việt-Nam iens [7], qui plus est gouvernementaux, posent le problème de son existence au Việt-Nam.

➢ Préambule
Le monde de l’art contemporain du Việt-Nam interpelle
Un colloque scientifique international, Arts du Vietnam, nouvelles approches, avait été organisé en septembre 2014 à Paris dont Patrice Jorland, Président de l’AAFV, avait présidé la première session. Ce colloque a montré l’existence des développements des arts alliant tradition et modernité [8] . La quatrième session avait été consacrée en partie à l’art contemporain. D’autres manifestations et expositions ont été consacrées la même année à certains artistes contemporains vietnamiens, comme celle de l’Espace Croix-Baragnon de Toulouse en mars, du Carré d’Art de Nîmes en mai, du Musée d’Art Contemporain du Val-de-Marne en septembre. Par ailleurs des artistes vietnamiens d’art contemporain ont été sollicités dans cette même année pour participer à des expositions notamment à Amsterdam, Fukuoka, Gwangju, Istanbul, Houston, Kuala Lumpur, Singapour. Il ne se passe pas une semaine au Việt-Nam [9] sans un nouvel événement lié à cet art [10].
Cette intense activité artistique a fait l’objet de deux articles dans des journaux vietnamiens notamment Nhân Dân, quotidien du Parti le 22 novembre 2014, le Courrier du Việt-Nam le 14 décembre 2014 et d’une réunion organisée par le Ministère de la Culture des Sports et du Tourisme avec des spécialistes vietnamiens et étrangers le 4 décembre 2014. Les artistes vietnamiens contemporains continuent d’ ailleurs d’être sollicités puisque cette année nous avons relevé notamment leurs participations à des expositions au Palais de Tokyo au mois de mai, au Musée d’Art Contemporain de Lyon et dans d’autres pays comme l’Angleterre, la Corée, les Etats-Unis, la Suède, la Thaïlande.
Ces articles et cette réunion ont d’une part reconnu la vitalité de l’art contemporain au Việt-Nam et d’autre part constaté que le marché de l’art ne se développait pas, ce qui semblait paradoxal. Sur le premier point, en dehors de l’art post Đội Mới [11] longuement débattu et commenté à Singapour en 2008 [12], François Damon a amplement analysé, dans une thèse soutenue en février 2014 et un ouvrage publié en 2015 [13]. , les qualités et particularités de la création artistique vietnamienne à travers près de 400 oeuvres de plus de 100 artistes post Đội Mới. Nous ne commentons donc pas davantage cette production artistique. Pour apporter un éclairage sur le deuxième point il n’existait pas de description exhaustive des conditions dans lesquelles cet art évoluait au Việt-Nam, en dehors d’articles ciblés sur le sujet [14] . Nous nous attachons donc dans une première étape à décrire le monde de l’art contemporain qui conditionne son développement au Việt Nam, résultat d’une enquête d’environ 5 mois dont 3 mois passés au Việt-Nam, partagés entre Hà Nội et HCMV et des entretiens avec environ une centaine de personnes. Dans une deuxième étape nous recherchons les raisons de l’absence de développement du marché de l’art contemporain au Việt Nam, pour proposer une voie d’amélioration [15] .

• Le champ d’investigation de notre recherche est délimité

Pour les besoins de notre recherche nous avons dû définir la nature de l’art contemporain puis la localisation des acteurs du monde analysé. Nous nous sommes basés sur un ouvrage récent [16], réalisé par des historiens et chercheurs au Việt-Nam, pour considérer que l’art contemporain au Việt-Nam était l’œuvre d’artistes sans contraintes réalisée pour délivrer un message qui peut-être multidimensionnel, complexe et métaphorique ; il change le rapport de l’art au spectateur, il peut être orienté vers les questions sociales, politiques, environnementales en étant critique à l’égard de tous les conservatismes, en élevant le rôle social de l’artiste ; cet art évolue dans un monde multidirectionnel et change la base de la valeur artistique des individus. Il peut intégrer toutes formes et espaces variables. Les acteurs de ce monde de l’art sont le gouvernement, les universités des Beaux-Arts, les musées, l’Association Nationale des Beaux-Arts, les médias gouvernementaux, ainsi que les galeries, centres d’art, centres de créativité, collectionneurs, critiques d’art et public initié, résidant au Việt Nam, et soumis aux lois vietnamiennes : vietnamiens, vietnamiens d’outre-mer ou même étrangers. Pour des raisons de temps, enfin nous avons restreint notre recherche aux activités situées dans les villes de Ha Noi et de HCMV, excluant ainsi Hué (qui connait cependant une activité artistique notable) et les pays étrangers ; une extension de la recherche à ces lieux est en projet. Nous examinons ensuite les conditions nécessaires au développement de l’art contemporain et suggérons une voie pour y remédier.

Le rôle des acteurs du monde de l’art contemporain appartenant au secteur public est déterminé par le Parti

• La stratégie culturelle du gouvernement est fixée en application des conclusions du Politburo
Le Premier ministre a fixé la stratégie de développement culturel jusqu’en 2020 [17] , en application des conclusions du Politburo du 2 août 2008. Elle couvre les domaines de l’idéologie, de la moralité, du style de vie et de la vie culturelle, du patrimoine, de la littérature et des arts, des échanges internationaux, de la réglementation et des institutions. Ses développements comprennent, entre autres, les objectifs et tâches à accomplir jusqu‘en 2020. Parmi ces tâches essentielles nous citons la tête de chapitre suivante :

• Former des personnes cultivées et un style de vie dont les maîtres mots sont le patriotisme, la rigueur et le travail, la formation permanente, les valeurs familiales et de stabilité de vie.
L’orientation définie pour le développement du domaine des « beaux-arts, de la photographie et des expositions » [18] comprend en particulier les actions suivantes :

• Étudier les voies et moyens de l’expression des arts contemporains, pour affirmer et promouvoir l’identité nationale vietnamienne et de manière sélective intégrer les réalisations de l’art contemporain et par la suite enrichir les beaux-arts.

• Investir et exercer un support pour la création de manière à produire des œuvres d’art et de photographie de grande qualité par des Prix sous les orientations créatives du Parti ; organiser périodiquement des expositions nationales de peintures, arts graphiques, sculptures, arts appliqués et œuvres photographiques ; encourager les instances non gouvernementales à organiser des activités liées aux beaux-arts d’une orientation sociale.
Parmi les mesures d’application les plus importantes nous avons noté :

• L’amélioration de la conscience idéologique et de la formation des hommes.

• La mise en œuvre des forces dynamiques et créatives du Parti et des organisations gouvernementales pour la cause du développement culturel.
Le Premier Ministre a pris en 2011 des dispositions pour définir la diplomatie culturelle du Việt Nam jusqu’en 2020 et la vision jusqu’en 2030. Il s’agit d’une volonté de porter les valeurs culturelles vietnamiennes à l’étranger, par des actions concrètes. L’orientation donnée est celle de vouloir créer une industrie culturelle, mettant la culture ici au service du développement du pays.
Notre analyse et compréhension du plan stratégique du gouvernement, pour la synthétiser à l’extrême, est que la culture est essentiellement un moyen d’atteindre les objectifs déterminés par le parti communiste et que si l’art contemporain est mentionné dans cette stratégie, c’est pour étudier les voies et moyens de l’expression des arts contemporains, pour affirmer et promouvoir l’identité nationale vietnamienne et de manière sélective intégrer les réalisations de l’art contemporain pour enrichir les beaux-arts.

Les activités culturelles sont encadrées par le Ministère de la Culture du Sport et du Tourisme  [19]

Notre propos n’est pas de décortiquer les textes régissant les activités culturelles, mais d’estimer leur impact sur la création ou la diffusion de l’art contemporain.
Certaines activités sont interdites comme :

• Inciter le peuple à s’opposer à la République socialiste du Việt-Nam et à affaiblir l’unité du peuple.

• Inciter à la violence, susciter la haine entre les nations et les peuples, disséminer des idées et cultures réactionnaires, des styles de vie dépravée, des actes criminels, des maux sociaux, des superstitions, des actes contre les bonnes mœurs, des attitudes malsaines et de détérioration de l’environnement.

• Révéler des secrets du Parti et de l’État et d’autres déterminés par la loi.

• Détourner l’histoire, nier les résultats révolutionnaires, offenser les personnalités, la nation, s’attaquer à l’honneur et porter atteinte à la réputation des organisations et à l’honneur et la dignité des individus.

• Organiser des activités culturelles en violation de la réglementation des styles de vie, de la sécurité et de l’ordre public.
Les expositions culturelles et artistiques sont soumises à des autorisations contraignantes
Elles comprennent les expositions dites de beaux-arts, de photos et autres expositions culturelles et artistiques, et s’appliquent à toutes les expositions de ce type faites par des vietnamiens au Việt-Nam ou à l’étranger. La règlementation vise aussi les arts performatifs, les défilés de modes, les prestations audio et vidéo, la danse et autres types d’art contemporains comme la vidéo, les installations vidéo, les installations, l’art corporel et l’art de la performance.
Les dispositions réglementaires traduisent, par les définitions des interdictions et les différentes autorisations nécessaires, la volonté du gouvernement d’avoir une mainmise importante et déterminante sur toute l’activité artistique qu’elle soit réalisée au Việt-Nam ou à l’étranger. L’activité des galeries et des artistes est essentiellement affectée par les réglementations des expositions et il s’en suit le cas échéant soit une autocensure soit l’utilisation de moyens de négociation qui n’ont rien à voir avec l’activité artistique. Les écarts par rapport à cette réglementation restrictive peuvent être relativement facilement sanctionnés par une interdiction, ou des empêchements de tous ordres si les autorités le désiraient, comme ce qui s’est produit quelques fois.

Les universités dispensent un enseignement non adapté à l’évolution des arts

L’enseignement des arts est dispensé à Hà Nội à l’Université Nationale des Beaux-Arts et l’Université des Arts Appliqués et à l’Université des Beaux-Arts de HCMV. De manière générale il est reconnu par les différents critiques d’art, élèves et certains membres du corps professoral que l’enseignement général dispensé dans ces Universités souffre de programmes non adaptés à l’évolution des arts, de corps enseignants non renouvelés (ce qui ne favorise pas la créativité), d’un manque de moyens matériels, d’une insuffisance d’échanges internationaux et de l’importance donnée à l’enseignement politique.

• Les musées ne promeuvent pas les œuvres d’art contemporain

Le Musée National des Beaux-Arts à Hà Nội et le Musée des Beaux-Arts de HCMV ne réservent pas d’espace pour l’art contemporain et ne contribuent que très faiblement à la diffusion des œuvres d’art contemporain au Việt-Nam, malgré la reconnaissance internationale d’un certain nombre d’artistes vietnamiens dans des expositions remarquables en Asie, aux Etats-Unis et en Europe. Selon une étude réalisée en 2013 au Việt-Nam, l’intérêt pour les musées est faible dans la population en raison de l’absence d’animation liée principalement à des questions d’organisation et d’état d’esprit.

L’Association Nationale des Beaux-Arts n’est pas ouverte à l’art contemporain

L’Association Nationale des Beaux-Arts, continue d’être l’un des supports de la mise en application de la stratégie culturelle gouvernementale, par l’organisation d’expositions et la remise des prix, mais elle contribue très faiblement au développement de l’art contemporain. Elle n’attire donc pas les artistes contemporains.

• Le gouvernement n’est pas un mécène pour l’art contemporain

Le gouvernement commande des œuvres d’art, à des fins de propagande pour l’essentiel, et ne peut pas être considéré comme un commanditaire d’œuvres d’art contemporain.

• L’environnement juridique et règlementaire n’est pas favorable à la collection des œuvres d’art et aux opérations d’achat ou de revente

Il est possible d’affirmer que la protection juridique de la propriété intellectuelle des œuvres d’art est en principe assurée au Việt-Nam et devrait être neutre sur la production des œuvres d’art et leurs mises sur le marché. Mais son application pratique est considérée comme complexe par les praticiens.
Il n’existe pas de dispositions fiscales favorables aux investissements réalisés sous la forme d’œuvre d’art, ni aux financements de l’activité artistique sous la forme de fondations, comme ce qui peut exister déjà dans des pays avoisinants. Ceci constitue un obstacle au développement des activités artistiques contemporaines dans une économie où le mécénat public est inexistant ou orienté uniquement vers certains types d’art visés par la stratégie culturelle du Việt Nam, évoquée plus haut.

• Les médias gouvernementaux commentent peu l’art contemporain

La presse, la télévision et les sites d’informations générales, sous le contrôle du gouvernement, diffusent quelquefois mais rarement des informations sur ces sujets. Peu de place est réservée à l’art contemporain dans les presses spécialisées dans l’art.


En conclusion

De l’avis des artistes la stratégie culturelle du gouvernement ne les empêche pas de s’exprimer tant qu’ils le font dans leur atelier ou studio. Cependant l’autocensure guette la création et la diffusion : l’exposition au public est limitée par le système d’autorisations mis en place. Soit les autorisations sont demandées et les exposants peuvent s’autocensurer au besoin pour les obtenir, soit elles ne le sont pas et ils restent soumis aux pressions exercées par l’administration pour les interdire ou leur créer des difficultés. Ceci pousse les artistes soit à exposer dans le cadre d’événements internationaux au Việt-Nam, mais la protection est toute relative, car ceux-ci sont soumis aux règles au même titre que les vietnamiens, soit à exposer à l’étranger s’ils ont les connexions suffisantes et trouvent les moyens financiers.
Cette limitation des expositions est l’une des causes possibles de la méconnaissance de ces œuvres par le public que les artistes ne rencontrent pas. Une autre conséquence est que les œuvres d’art contemporaines vietnamiennes sont plus connues à l’étranger qu’au Việt-Nam et la fuite des œuvres d’art, après celles de l’art moderne, se perpétue.
Mais il y a plus grave : cette stratégie accorde peu d’importance à l’art contemporain car il ne se conjugue pas avec les valeurs traditionnelles définies par l’Etat-parti. N’étant pas reconnu comme tel, il n’est pas enseigné, il n’est pas collectionné par les musées, il est admis avec réticence dans les grandes expositions nationales organisées par l’Association Nationale des Beaux-Arts, il n’a aucune raison d’être apprécié par les collectionneurs car il n’a pas d’avenir dans le pays. Cette stratégie est un handicap que les acteurs du secteur privé essaient de surmonter à leur manière.

➢ Le rôle des autres acteurs du monde de l’art au Việt-Nam est primordial

Un enseignement privé développant la créativité est cependant embryonnaire

Il résulte d’initiatives individuelles pour combler l’insuffisance de la formation artistique donnée par les Universités des Beaux-Arts et un besoin de formation artistique qui existerait aussi dans la population. Des initiatives plus collectives ont été prises à Hà Nội et HCMV sous la forme de centres de soutien à l’art contemporain.

• Les œuvres d’art contemporain sont exposées par peu de galeries, et l’activité des artistes se développe grâce à des centres de soutien à l’art contemporain, ou des espaces de créativité
Le nombre de galeries d’art est d’une vingtaine dans chacune des villes étudiées, mais celles dédiées à l’art contemporain sont peu nombreuses. Nous citons actuellement à Hà Nội, Cuc Gallery, Cuci Fine Art, Manzi, Studio An Khánh, Việt Nam Art Gallery, et à HCMV, Craig Thomas Gallery, Galerie Quynh, Sao La et tout dernièrement Dia Project Dong Khoi.
Dans ces deux villes, l’art contemporain se manifeste non seulement par les expositions dans les galeries, mais aussi dans des centres de soutien à l’art contemporain, des espaces culturels alternatifs [20] , des centres de créativité. Les centres de soutien à l’art contemporain à but non lucratif viennent compenser les manques de support du secteur public à la formation et au développement de l’art contemporain. Les deux plus importants sont à l’heure actuelle Nhà Sàn collective à Hà Nội, et Sàn Art à HCMV, le plus opérationnel et le plus organisé. Des espaces culturels alternatifs se sont développés ces dernières années, mais ont dû être arrêtés en raison de problèmes administratifs. Il ne s’agit donc pas d’échecs purement artistiques, mais de problèmes externes indiquant des difficultés relationnelles certaines entre le monde artistique et son environnement.

Les espaces de créativité liés aux modes de l’expression de l’art contemporain, connaissent un foisonnement important ces dernières années [21] . La création des uns répond à la fermeture des autres, montrant un dynamisme et une volonté d’existence propices à la diffusion de l’art contemporain dans le public. La durabilité de ces espaces est cependant aléatoire, due à un manque d’expérience, de faibles ressources financières et managériales et un environnement règlementaire peu favorable.

• Les collectionneurs sont rares et discrets au Việt-Nam

Nous avons identifié et pu avoir accès à seulement deux collectionneurs d’art contemporain au Việt-Nam, corroborant les commentaires selon lesquels les acheteurs sont essentiellement des étrangers mais aussi démontrant une discrétion volontaire due sans doute à un environnement légal peu favorable à la constitution de telles collections. L’unique collection d’art contemporain ayant une certaine visibilité est Post Vidai, la seule à jouer actuellement un rôle de véritable collectionneur au Việt-Nam consistant à acheter des œuvres sur le marché local, à les montrer, les prêter et organiser des expositions.

• Internet et les médias sociaux contribuent à diffuser des informations étendues sur l’art contemporain

Les informations sur l’art contemporain non diffusées par les médias gouvernementaux sont reprises par les sites internet ou les médias sociaux et compensent en partie les faiblesses des informations des médias gouvernementaux. Nous estimons donc que la diffusion d’informations sur l’art contemporain est généralement réalisée, sinon par les médias gouvernementaux, du moins par les sites internet, blogs et réseaux sociaux actuels.

• Le mécénat privé est quasi inexistant

Les textes permettant au mécénat privé de s’exercer sont récents et la pratique fiscale n’est pas établie, ce qui limite son exercice.

• L’environnement légal permet difficilement aux organisations de constituer des structures légales de soutien à l’art et ceci handicape leurs activités

Les dispositions sur les organisations sans but lucratif sous forme d’associations, ONG ou Fondations sont récentes et restrictives [22]. Il s’en suit que les organisations non commerciales n’ont pas encore de structure juridique légale ; elles peuvent être à la merci de pressions réalisées par l’administration et risquent de devoir interrompre leurs activités ou les manifestations qu’elles organisent. Les fonds disponibles éventuels venant de l’extérieur ou de l’intérieur du Việt-Nam, risquent de ne pas leur être attribués faute de structure d’accueil légale. Ces deux facteurs limitent le fonctionnement des organisations liées aux activités artistiques.

• Les organisations internationales [23] jouent un rôle très important

Elles ont permis à des artistes vietnamiens d’être au contact d’artistes ou de curateurs internationaux et ainsi de discuter de leurs réalisations et de leur projets, d’obtenir d’eux des carnets d’adresses pour envisager des échanges internationaux, d’imaginer de réaliser des œuvres à l’étranger, de coopérer avec d’autres artistes pour la réalisation de leurs œuvres au Việt-Nam. Elles ont aussi permis à ces artistes de montrer au Việt Nam des œuvres qu’ils n’auraient pas pu exposer soit par manque de moyens soit parce que les sujets étaient sensibles par rapport à la réglementation. Certes ces institutions, dans la mesure où elles sont placées en dehors des limites des ambassades, ne bénéficient pas du principe d’extraterritorialité qui les mettrait à l’abri des lois du Việt Nam, mais elles sont moins soumises à des tracasseries administratives éventuelles pour l’organisation d’expositions. Elles ont également permis au public de connaître des réalisations faites par des artistes étrangers.

Il faut cependant signaler une autre conséquence développée par un critique d’art vietnamien [24], celle de faire naître un « art des ambassades ». Il peut être défini comme résultant des contacts avec les artistes et curateurs étrangers suscités par les institutions dépendant des ambassades ; ils inspirent les artistes par l’imitation ou la réalisation d’œuvres qui correspondent plus à l’esprit et aux thèmes des étrangers que ceux des artistes vietnamiens. Cet art est difficile à cerner et il paraît évident qu’une telle influence se manifeste, mais n’est-ce pas une problématique générale des relations entre les commanditaires et les artistes ?

• Les réactions du public initié ne sont pas défavorables, dans l’ensemble, à l’art contemporain

Des opinions souvent répandues en France sont que de manière générale, l’art contemporain était difficile à comprendre, que c’était même du n’importe quoi n’ayant pas grand-chose à voir avec l’art, alimentant ainsi de nombreuses controverses. Nous avons réalisé une revue d’environ 300 articles parus dans la presse spécialisée du Việt-Nam dans les dix dernières années. L’opinion à l’égard de l’art contemporain est globalement positive. Les observations négatives critiquent l’art contemporain en citant les lacunes relatives à l’identité nationale, aux valeurs traditionnelles, à la technique utilisée. Celles qui sont positives louent la créativité, l’interactivité, la réflexion sur les problèmes de société par la réalisation d’installations, de performances et de vidéo, apportant des nouveaux modes de pensée et provoquant des réactions du public.
Nous avons également tenté d’identifier des rejets significatifs. Sans doute la culture vietnamienne ne favorise pas ce genre de critique individuelle, mais nous n’avons pas de raison apparente de citer des rejets d’art contemporain importants. En conclusion peu de choses indiquent un état d’esprit impropre au développement de l’art contemporain.

En conclusion

Le secteur privé contribue de manière importante et quasi unique au développement des œuvres d’art contemporain, par l’intermédiaire des galeries, des centres de soutien à l’art contemporain, des critiques exprimant l’état de l’opinion publique, avec l’aide des organisations internationales. Les galeries dédiées sont cependant en nombre limité. Les réseaux sociaux contribuent à la propagation des informations d’une vie artistique intense, autant à Hà Nội qu’à HCMV et sans cesse mouvante. Les institutions internationales jouent le rôle de propagateurs d’un art contemporain en complément du rôle des galeries et des collectifs d’artistes vietnamiens, mais ne peuvent être considérées comme un moyen permanent. Il faut que le secteur privé puise dans sa propre force pour développer cet art, à défaut d’un support matériel de l’Etat-parti. Les instruments juridiques existent pour lui donner les structures légales, et pour trouver les fonds nécessaires à son action, encore faut-il qu’il s’en donne les moyens, fut-ce au prix de la mise sur pied d’une organisation managériale et de démarches administratives auxquelles il n’est pas habitué.

➢ Le marché de l’art contemporain est pratiquement inexistant

• Le marché de l’art vietnamien est faible selon la presse internationale

Selon les informations relatives à l’année 2013 [25] , le marché de l’art au Việt Nam est biaisé en raison de la prédominance des collectionneurs étrangers et de la prédilection pour l’art moderne. Un record de vente a été réalisé en 2013 avec la vente chez Christie’s International à Hong Kong, d’une peinture sur soie de USD390 000 peinte par NGUYỄN Phan Chanh. L’art contemporain est sous-représenté dans les circuits des ventes aux enchères mais il y a eu des développements dans les deux dernières années qui ont attiré l’attention sur certains artistes nés au Việt Nam. En 2012 DANH Vo, d’origine vietnamienne résidant au Danemark, a reçu le Prix Hugo Boss [26] , DINH Q. Lê a été présenté à la dOCUMENTA. L’exposition Guggenheim a mentionné les œuvres de TRẦN Lương, NGUYỄN Tuan Andrew, The Propeller Group et TRƯƠNG Tan.

Enfin dans la même année a été lancée par Asia Art Archive [27], la digitalisation des archives de Salon Natasha et de Blue Space Contemporary Art Center, montrant ainsi leurs rôles importants dans l’histoire de l’art contemporain au Việt-Nam.

Le rapport sur l’année 2014 [28] n’apporte pas de nouvelles indications importantes par rapport au précédent. Il n’y a toujours pas de marché majeur d’art contemporain au Việt-Nam et les œuvres d’art appréciées restent celles des artistes du début du XX° siècle, issus de l’École des Beaux-Arts de l’Indochine. Les artistes en vue sont ceux déjà mentionnés l’année précédente. Des artistes émergents sont signalés comme NGUYỄN Phuong Linh, les artistes NGUYỄN Uu Dam, NGUYỄN Tran et NGUYỄN Trinh Thi pour des œuvres vidéo, NGUYỄN Mạn Hùng pour ses peintures, PHAN Quang, et NGUYỄN Phan Thao pour leurs installations.
Il s’agit d’une appréciation a minima au niveau international, qui paraît sans appel, mais des attitudes envers l’art semblent changer au Việt-Nam, par l’organisation récente de marchés de l’art destiné au grand public à Hà Nội et ventes aux enchères informatisées à HCMV [29].

Un marché suppose une offre des artistes et de leurs œuvres mais aussi une demande. Celle-ci présuppose un capital intellectuel pour s’y intéresser mais aussi un capital financier pour acquérir des oeuvres et l’on peut se demander si ce dernier existe au Việt-Nam.

• La condition nécessaire pour l’existence d’un marché au Việt-Nam, l’existence d’un capital financier des acheteurs, existe-t-elle ?

Dans une étude récente faite par le Boston Consulting Group, la classe moyenne du Việt-Nam connaît la progression la plus importante de l’Asie du Sud-Est. La classe moyenne et riche serait d’environ 30 millions de personnes en 2020 [30] . Le revenu moyen par habitant passerait de son niveau actuel de USD1 960 à USD3 000 en 2020, ce qui est encore très faible pour acquérir et collectionner des œuvres d’art.

Dans une autre étude [31] la classe moyenne est définie comme celle dont les dépenses annuelles sont entre USD1 000 et USD4 000 par personne, soit une dépense familiale annuelle estimée entre USD4 000 et USD16 000. Tout le monde conçoit que la connaissance des revenus est extrêmement aléatoire dans un pays où l’économie souterraine est importante. Même si nous multipliions pour cette raison ces dépenses par deux ou trois, elles ne permettraient que difficilement d’alimenter le marché de l’art où les prix pratiqués au minimum vont de USD500 à USD1 000 selon les marchés de l’art organisés récemment à Hà Nội ou de USD500 à USD10 000 selon les ventes aux enchères récentes à HCMV. Il faut donc examiner aussi d’autres revenus et d’autres catégories sociales.

La journaliste ĐÀO MAI Trang commente le marché chinois : « Pourquoi les prix des artistes contemporains ont-ils augmenté rapidement ? Certains tycoon [32]. chinois ont participé aux ventes aux enchères internationales puis des ventes aux enchères ont été organisées dans quelques grandes villes comprenant des sociétés financières chinoises ». Les tycoon vietnamiens existent-ils ? Le nombre des personnes disposant d’un capital de plus de USD 30 millions est de 200 en 2014, comparé à 100 en 2014 [33] . Leur nombre serait beaucoup plus important selon différentes personnes contactées, sans pour autant que l’une d’entre elles signale ses sources. Cependant la croissance est d’environ 6%, et les prévisions sont au maintien de la croissance dans des circonstances normales ; il ne serait pas anormal de prévoir que la richesse de certains vietnamiens augmente encore. Une partie de cette catégorie pourrait sans doute investir dans un marché de l’art si des conditions favorables existaient, dépendant de manière essentielle des décisions de l’État. Or des échanges ont eu lieu récemment entre des acteurs du monde de l’art et le gouvernement sur ces conditions.

• Le Ministère de la Culture, du Sport et du Tourisme (MCST) a été sensibilisé, par des experts vietnamiens, aux raisons de l’absence de marché de l’art

Un séminaire s’est tenu au MCST [34], en présence du sous-secrétaire du MCST le 4 Décembre 2014, réunissant des experts vietnamiens et étrangers. Son objet a été d’écouter les avis pour la mise en application du plan de développement culturel jusqu’à l’horizon 2020 adopté par le Premier ministre [35], et plus spécifiquement comment établir et développer un marché de l’art au Việt-Nam. Les communications faites lors de ce séminaire qui nous semblent les plus importantes sont résumées ci-après :

• L’art n’est pas une tradition vietnamienne et l’intérêt pour l’art demande une action de formation du public à longue échéance. Les acheteurs actuels sont des étrangers pour la grande majorité, les acheteurs vietnamiens représentant jusqu’à 10% du total mais quelquefois 25% selon un galeriste.

• Il faut généralement quatre générations dans les pays ayant acquis leur indépendance par rapport au pouvoir colonial, pour y voir apparaître un marché de l’art ; la première génération gagnant l’indépendance, la deuxième confortant le pouvoir, la troisième acquérant des richesses et formant à l’étranger une nouvelle génération, la quatrième profitant de l’acquis de ses prédécesseurs est alors susceptible de créer un marché de l’art.

• L’État du Việt-Nam actuel est un mécène important au profit surtout des œuvres de propagande et il vaudrait mieux que ces fonds financent des arts plus créatifs.

• L’État devrait avoir une politique fiscale incitative pour assurer une transparence des opérations, faciliter les transactions et l’investissement par des fondations par exemple.

• La formation donnée par les universités est conservatrice et ne promeut pas la créativité. Elle ne forme pas les personnels adéquats pour la gestion du monde de l’art : critiques, curateurs, conservateurs de musée.

• Il n’existe pas de coopération entre le MCST et les organisations internationales pour réaliser de grandes expositions internationales sous le patronage de l’Etat.

• Les artistes devraient apporter plus de créativité personnelle.

• Les artistes ont besoin d’un environnement leur permettant une liberté de création, d’exprimer leurs idées sans être enfermés dans des théories ambiguës ou des idéologies subjectives.

En conclusion le marché de l’art contemporain est quasi-inexistant selon le jugement des experts tant internationaux que nationaux. Cependant il existe depuis peu, des signes permettant de penser que des changements peuvent avoir lieu : le gouvernement a été sensibilisé à la nécessité d’apporter des réformes, des actions sont entreprises par des artistes pour vendre des œuvres d’art en public, permettant de penser que des changements comportementaux envers l’art en général peuvent apparaître, des ventes aux enchères informatisées d’œuvres d’art contemporain ont été réalisées et devraient se poursuivre ; il ne s’agit que d’un frémissement qui, à notre avis, ne pourra pas se manifester concrètement sans décisions importantes du gouvernement pour développer le capital culturel et financier des vietnamiens.

L’État pourrait, à notre avis, contribuer au développement de ce marché

Une stratégie culturelle ouverte à l’art contemporain permettrait de libérer les inhibitions et les énergies, les musées n’auraient pas de réticence à exposer des œuvres, celles-ci prendraient plus de valeur aux yeux du public et des collectionneurs, l’association des artistes susciterait des expositions créatrices, les universités ne placeraient plus l’enseignement de la politique dans leurs programmes et ouvriraient leurs portes à tous les enseignants de réputation et les artistes manifesteraient une plus grande créativité, le mécénat de l’État serait orienté vers des œuvres d’art plus diverses, le système des autorisations serait plus ouvert et simplifié, les galeries et collectifs adopteraient des statuts qui permettraient de recueillir des fonds et d’augmenter leurs ressources, les classes possédantes pourraient faire des investissements certes risqués mais aussi profitables, comme le marché international l’a amplement montré [36] ; les collectionneurs attacheraient de l’importance à montrer et augmenter leurs collections, les espaces de création agiraient sans crainte de devoir être à contre-courant de la doctrine culturelle officielle.
Pour permettre le développement du marché de l’art contemporain, le point important à notre avis, serait la définition d’une nouvelle stratégie culturelle. Mais quand nous avons posé la question de savoir si l’Etat-parti actuel avait des chances de changer, la réponse fut non, il n’y aura de changement que par la force des faits et c’est l’administration qui s’adaptera mais non le Parti.
Si le développement du marché de l’art était considéré comme important pour le gouvernement, s’il était démontré que l’art contemporain contribue à la possibilité, pour certains vietnamiens, d’atteindre un capital financier et culturel à l’instar des citoyens des autres grandes nations du monde, nous pourrions avoir l’espoir que les dispositions réglementaires changeraient, car le Việt-Nam a montré ses ambitions et ses facultés d’adaptation aux réalités. Encore faudrait-il pour que le marché local existe, que ce capital culturel et financier se constitue au Việt-Nam et non à l’extérieur du pays. Comme l’a évoqué un intervenant à la conférence tenue récemment au Ministère de la Culture, des Sport et du Tourisme, il faudra sans doute encore une génération pour y parvenir. Ceci permettra alors au monde de l’art contemporain qui est international par essence, de s’épanouir par le développement des relations véritables entre les vietnamiens et le monde.

Notes

[1Artprice, ’Le marché de l’art contemporain 2014. Le rapport annuel artprice’ <www.artprice.com> ;

[2Art Stage Singapore est la foire d’art contemporain se tenant à Singapour depuis 2011, la plus importante du Sud-Est Asiatique.

[3www, ’Art Stage Singapore 2014’ <www.artstagesingapore.com/>

[4Pamela COREY NGUYEN, “Vietnam market report 2015, Pamela COREY NGUYEN, Vietnam, Market report 2014 www.artstagesingapore.com (accessed 2014).

[5Ph. PAPIN, Viêt-Nam, parcours d’une nation (Paris : Belin, 2003).

[6Statistiques publiées par la Banque Mondiale.

[7Nhân Dân du 22 novembre 2014 et Le courrier du Vietnam du 14 décembre 2014.

[8Actes du colloque publiés aux Presses Universitaires de Rennes, Collection Arts et Sociétés, 2015.

[9Nous avons décidé d’écrire Việt-Nam, avec un hyphen, suivant en ce sens l’écriture adoptée par Huỳnh BỘI TRÂN dans sa thèse, se référant à de nombreux auteurs voir sur ce sujet Huỳnh BỘI TRÂN, Vietnamese Aesthetics from 1925 Onwards, ed. by Sydney College of the Arts, Thèse edn (Sydney : University of Sydney, 2005).p.7.

[10Voir le site www.hanoigrapevine.com.

[11Politique de « renouveau », décidée par le gouvernement en 1986 et créant les conditions d’une économie de marché à orientation socialiste.

[12Vietnamese Art After 1990, 12 mai au 29 septembre 2008.

[13François DAMON, L’art contemporain au Vietnam, Pau, L’Harmattan 2015

[14Notamment par Pamela N. Corey, Natalia Kraevskaia, Nadine A. Pallois, Nora A. Taylor.

[15Notamment par Pamela N. Corey, Natalia Kraevskaia, Nadine A. Pallois, Nora A. Taylor.

[16Hương BÙI NHƯ, Vietnamese Contemporary Art, Hanoi, 2012.

[17par une décision N° 581/QD-TTg du 6 mai 2009.

[18nom du département responsable du Ministère de la Culture, du Sport et du Tourisme.

[19voir le Décret (D) N°103/2009 du 6 novembre 2009, remplacé par un nouveau D. N° 113/2013 du 3 Octobre 2013, annulant quelques dispositions des décrets précédents et un décret N°79/2012 s’appliquant aux arts performatifs.

[20Blue Space Contemporary Art Center à HCMV et Zone 9 à Hà Noi.

[21Notamment : DOCLAB en 2009, Life Art en 2010, Black Box, Hà Nội Rock City en 2010, Wunder Lab, CHULA, Work Room Four en 2013, Heritage Space en 2014 et à HCMC en 2014, Academy ADC. Une autre Zone 9 à Hà Nội serait en relation avec un édifice de 10 000 m2.

[22Décret 45/2010/ND-CP, décret 12/2012/ND-CP, décret 30/2012/ND-CP.

[23CEDF danois, Goethe Institut, Institut français - l’Espace, SIDA suédois, Fondation Japonaise.

[24Arts du Vietnam, Nouvelles Approches, Actes du colloque publiés aux Presses Universitaires de Rennes, Collection Arts et Sociétés, 2015, p.150.

[25Pamela COREY NGUYEN, ’Vietnam, Market report 2014’ <www.artstagesingapore.com> ; .

[26Le prix Hugo Boss est un prix d’art contemporain, parrainé par la marque Hugo Boss, et attribué tous les deux ans depuis 1996.

[27Asia Art Archive est une organisation sans but lucratif, basée à Hong Kong, destinée à réunir les documents nécessaire pour effectuer des recherches en art contemporain.

[28Pamela COREY NGUYEN, Vietnam market report 2014, Vietnam market report 2015, www.artstagesingapore.com

[29Sàn Art et Craig Thomas Gallery.

[31Huong VU THANH, ’The Emerging Middle Classe in Vietnam Transitional Economy’, in www.ueb.vnu.edu.vn <www.ueb.vnu.edu.vn> ; [accessed 19 March 2015] (p. 35)

[32Tycoon est un mot anglais dérivé du mot japonais taikun (大君) signifiant « grand seigneur » ou « grand prince », le terme est lui-même d’origine chinoise

[33www.VietNamNet Bridge - Wealth-X 25, novembre 2014.

[34Vietnam news du 6 décembre.

[35Le site Cinet du 9 février 2015, a publié une synthèse de cette politique culturelle, que nous avons commentée.

[36Artprice, ’Le marché de l’art contemporain 2014. Le rapport annuel artprice’ <www.artprice.com> ;

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