janvier 2010-Zone de libre échange Chine/ASEAN

Dernier ajout : 26 janvier 2010.

 ZONE DE LIBRE ÉCHANGE CHINE/ASEAN

  ________________________________

Depuis le 1er janvier 2010, les droits de douane ont été abolis sur 90% des échanges effectués entre la Chine et les cinq membres fondateurs de l’ASEAN (Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande + le sultanat pétrolier de Brunei), ainsi que les barrières aux investissements. Pour les membres plus récents (Vietnam, Cambodge, Laos et Myanmar), cela se fera en 2015.

Le phénomène n’est en rien exceptionnel, les accords bilatéraux ou multilatéraux de libre-échange ayant proliféré ces dernières années, en Asie tout particulièrement et, dans le cas de l’ASEAN, des accords ont été conclus ou sont en discussion avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et l’Inde. Il n’en demeure pas moins que la zone ainsi créée est la plus peuplée de la planète, avec près de 2 milliards d’habitants, et la plus importante par le PIB cumulé après l’UE et l’ALENA, que cela confirme l’importance acquise par la Chine dans cette région du monde et en conforte apparemment la « centralité ».
S’il convient de relativiser les choses – les tarifs avaient été déjà progressivement réduits entre les États concernés, ceux-ci conservent la possibilité de recourir à des clauses d’exception et il n’existe pas de mécanismes rigoureux de règlement des différends -, certaines interrogations sont permises. D’une part, cela risque de renforcer une division verticale du travail – produits manufacturés chinois contre biens primaires de l’ASEAN, exception faite de Singapour -, la concurrence du grand voisin pouvant bloquer l’industrialisation de ses partenaires, qui souffrent par ailleurs de la parité compétitive du yuan. D’autre part, comme le rappelait le professeur Robert Sutter de la Georgetown University, les principaux gagnants seront les firmes transnationales, qu’elles soient à base japonaise, sud-coréenne, américaine ou chinoise d’outremer, ayant déjà constitué (ou étant par là-même incitées à le faire) des filières productives en Asie du sud-est ou avec la Chine, ce qui vient contredire en partie ce qui précède. Patrice Jorland

Articles de cette rubrique