L’Accord de Paris sur la cessation de la...

Dernier ajout : 20 février 2013.

L’Accord de Paris sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Sud-Vietnam – Paul Isoart
28 janvier 2013

Par Mémoires d’Indochine

[ndlr] A l’occasion des 40 ans de la signature des Accords de Paris le 27 janvier 1973, nous proposons au lecteur cette analyse fouillée de Paul Isoart (1931-) parue dans l’Annuaire français de droit international, édité en 1973.

Le Professeur Paul Isoart
http://indomemoires.hypotheses.org/5662 revient en détail sur le processus qui mena à cet accord historique en y décelant les ambiguïtés, les non-dits, les différentes visions qu’elles soient américaines, du FNL Sud Viêt-Nam, de la RDVN (Hanoi) ou de la RVN (Saigon).

Le 27 janvier 1973 était signé, à Paris, par les ministres des affaires étrangères des États-Unis et de trois gouvernements vietnamiens « l’accord sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Sud-Vietnam ». Ainsi prenait fin officiellement, – s’il faut croire le Président Richard Nixon, « la guerre la plus longue et la plus difficile qu’ait connue l’Amérique », guerre subie par celle-ci « non pour des avantages égoïstes, mais pour aider les autres à résister à l’agression » (1) . Cette affirmation, solennellement proclamée lors de la cérémonie d’investiture du Président au début de son second mandat, n’est que partiellement exacte.

Issue d’un long processus d’intoxication (2) , elle risque de perpétuer dans la péninsule indochinoise une ère d’affrontements armés qu’il est souhaitable, pour tous, de voir définitivement cesser. Si par « intérêts égoïstes », le Président des États-Unis entend faire référence à des intérêts essentiellement matériels il est vrai que l’engagement américain n’a pas eu pour objet de les protéger car, du moins en 1954, ils étaient insignifiants. Peut-on cependant nier que le conflit du Vietnam résulte d’une volonté systématique d’imposer la loi des États-Unis au nom d’un leadership politique hérité de l’histoire ? La lecture des documents publiés, en 1971, par le « New York Times » sous le titre « The Pentagon Papers » est, à cet égard, riche d’enseignements et de révélations. Ce dossier de l’ « histoire secrète » d’une guerre est composé d’éléments extraits d’un rapport de 7 000 pages rédigé de 1967 à 1969 par des spécialistes américains à la demande de M. MacNamara, alors secrétaire d’Etat à la Défense (3).

Lire la suite : Persée et PDF en ligne

Réf. : Isoart Paul. L’Accord de Paris sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Sud-Vietnam. In : Annuaire français de droit international, volume 18, 1972. pp. 101-121.

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Voir aussi la Une du Journal du Dimanche du 28 janvier 1973 : leJDD

28 janvier 1973 : La paix au Vietnam signée à Paris

... "Permettez-moi cependant de me faire l’écho des interrogations exprimées par certains de nos amis, lesquelles portent sur l’intitulé de la plaque devant pérenniser ces évènements si importants pour la population de Choisy. Non que je prétende à quelque autorité morale ou scientifique que ce soit, mais par simple souci d’exactitude. De fait et bien qu’il en aille différemment dans le langage courant, il convient de parler de « L’Accord de Paris sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Sud-Vietnam », titre de l’article de référence que le doyen Paul Isoart, qui est membre du comité d’honneur de notre association, a publié dans l’ « Annuaire français de droit international », volume 18, 1972, pp.101-121, texte accessible sur l’Internet. Et il va de soi que c’est la délégation de la République démocratique du Vietnam qui séjournait à Choisy, celle du Gouvernement révolutionnaire provisoire étant hébergée à Verrières-le Buisson et celle de la République du Vietnam à Paris." PJ

Ancienne puissance coloniale en Indochine devenue Vietnam, la France, où Ho Chi Minh a fait ses études [sic], accueille les parties belligérantes au conflit afin de parapher les accords de paix d’une guerre qui dure depuis dix ans. Les accords de Paris, signés par le Nord-Vietnam et les Etats-Unis entérinent le cessez-le-feu et le retrait des troupes américains dans un délai de 60 jours. En échange, Hanoi s’engage à libérer tous les prisonniers. Les négociateurs en chef sont Lê Duc Tho pour le Vietnam et Henry Kissinger pour la première puissance militaire du monde mise à mal par les combattants vietcong. La guerre entre le Nord et le Sud Vietnam ne s’achèvera qu’en 1975.

- L’analyse de l’historien Alain Ruscio dans l’Humanité en ligne :
Alain Ruscio, “Il y a quarante ans : les accords 
de Paris sur le Vietnam“, L’Humanité, 25/01/2013.