la fête des âmes errantes

Dernier ajout : 29 août 2009.

Achat d’offrandes pour la fête des âmes errantes

Une semaine avant la fête Vu Lan ou fête des âmes errantes, les boutiques de papiers votifs connaissent une forte affluence. Les clients viennent acheter les indispensables offrandes qui apaiseront les âmes "sans domicile fixe" et assureront jusqu’à l’année suivante la tranquillité des vivants.

La fête Vu Lan a lieu le 15e jour du 7e mois lunaire et tombe cette année le 3 septembre 2009. Dès la dernière semaine d’août, les boutiques de papiers votifs et d’autres objets cultuels de la rue de Hàng Ma, dans le quartier des 36 rues de Hanoi, voient son affluence grandir. Les marchandises s’entassent sur les trottoirs, les vendeurs sont débordés, les clients jouent des coudes pour se frayer un passage...

Il est d’usage d’offrir aux morts des objets d’usage courant tels que vêtements, chaussures, monnaie, vélos, motos, même téléphones portables, autos, villas..., en miniature et en papier. Ces offrandes seront brûlées et expédiées à leurs invisibles destinataires...

C’est pain bénit pour Dông Hô

À une trentaine de kilomètre de Hanoi, le village de Dông Hô (province de Bac Ninh) réunit le plus grand nombre de fabricants de papiers votifs du pays. La fête Vu Lan est, après le Nouvel An lunaire (Têt traditionnel), la période la plus chargée pour cette localité bien connue pour ses estampes. En moyenne, chaque semaine, une à 3 tonnes de billets votifs sortent de ce village et partent pour les provinces alentours jusqu’au Sud.

On estime que chaque année plusieurs centaines, voire milliers de milliards de dôngs partent en fumée lors de la fête Vu Lan.

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http://www.vn.refer.org/vietnam/article.php3?id_article=260
Le mercredi 1er septembre 2004

La fête Vu-Lan

La fête Vu Lan est organisée, sous diverses formes, dans la plupart des pays bouddhistes notamment la Chine, l’Inde, le Japon et bien sûr le Vietnam. Lors de cette deuxième plus grande fête bouddhique, les croyants rendent hommage chez eux à l’autel de leurs ancêtres. En même temps, ils préparent à l’entrée de leur maison un petit autel, en faisant des offrandes de nourriture et de cadeaux pour les âmes errantes des morts oubliés. Les gens participent, en outre, à plusieurs activités : pèlerinages, visites de pagodes, régime végétarien, activités charitables, offrandes de papiers votifs pour les morts... Au Vietnam, cette fête n’est plus exclusivement réservée aux bouddhistes. Elle est devenue une tradition pour tous.

Et la légende raconte que...
il était une fois une dame méchante au nom de Thanh De. Elle était impitoyable envers les pauvres et surtout envers les mendiants. Elle ne faisait jamais aumône et chassait tout mendiant qui se présentait au portail de sa maison.

Elle n’hésitait pas à piétiner des grains de riz, recueillis par les pauvres paysans s’échinant à longueur d’année sur leurs terres. Elle se moquait des bonzes et des bonzesses en cherchant à rompre leur quiétude. Elle blasphémait Bouddha, méprisait les esprits et offrait à la pagode des victuailles de jeûne auxquelles elle avait mêlé des aliments carnés.

Malgré les conseils de son fils Muc Kien Lien qui fut un bonze de haute vertu, elle ne l’écoutait guère. A sa mort, elle rejoignit le Royaume des Morts et dut payer ses fautes commises dans le monde des vivants : s’asseoir sur un lit à clous, porter sur la tête un seau rempli de sang, rester affamée et assoiffée car tout aliment qu’on lui mettait dans sa bouche se fondait en sang et se muait en flamme.

Muc Kien Lien, une fois l’illumination atteinte, put descendre dans le Royaume des Morts pour voir sa mère. Il fut témoin des châtiments qu’elle encourut. Il ne put rien pour changer le cours justicier du décret céleste et ne put pas non plus se substituer à sa mère. Il fut obligé d’aller voir Bouddha et demanda grâce à ce dernier. Celui-ci lui ordonna d’organiser au 15ème jour du 7ème mois lunaire, la cérémonie de Vu Lan, au cours de laquelle il pourrait solliciter la remise de peine pour sa mère avec les prières et l’aumône.

De retour sur terre, Muc Kien Lien, le jour venu, dressa un autel en hommage à Bouddha tout en faisant aumône et cérémonie bien austère et fervente.

Thanh De, dans le Royaume des Morts, prit conscience de la souffrance comme elle fut sensible à la faim et à la soif. Les difficultés qu’elle rencontrait l’amenaient à se départir au fur et à mesure de sa nature méchante et à connaître le remords.

La piété de Muc Kien Lien remua la porte du Ciel. Le père céleste réexamina le cas de Thanh De, constata qu’elle avait pu se repentir et l’acquitta. Il fut permis à Muc Kien Lien de descendre dans l’enfer ramener sa mère à la vie. Depuis lors, Thanh De, de tout coeur, honora Bouddha, respecta les bonzes, secourut les pauvres.

En s’inspirant de cet exemple, les enfants pieux, selon la coutume vietnamienne, au 15ème jour du 7ème mois lunaire, érigent un autel à la mémoire des défunts et font aumône aux pauvres.