Routarde

Dernier ajout : 22 avril 2013.

Julie Montagard
Une routarde au Vietnam

Titre exact : Routarde au viêt nam, une : rencontres
Catégorie : Non classés
Date de parution : 1er octobre 2012
Éditeur : Harmattan
ISBN : 9782296991699

Journaliste, Julie Montagard nous raconte son voyage au Vietnam, du delta du Mékong à la frontière chinoise : un enchantement permanent qu’elle nous fait partager, la vie quotidienne d’une routarde avec ses longs trajets en bus et en moto où l’on croise des buffles sur le retour, ses rencontres imprévues, tous ses contacts authentiques, ses joies simples, véritables élans de fraternité malgré l’absence de langue commune mais grâce au langage des sourires, ses gargottes et restos-trottoirs où l’on avale un pho, un riz au porc ou une soupe au lait de coco..

Notre routarde sait nous parler du peuple vietnamien, accueillant et chaleureux, tendu vers l’objectif de faire du Vietnam un pays développé et riche. Paradoxe, les Vietnamiens ont vaincu la première puissance du monde mais ils éprouvent des difficultés à indiquer le chemin quand on le leur demande ! Et, si Julie Montagard ne comprend pas que les Vietnamiennes s’étonnent qu’elle ne se protège pas du soleil, elle comprend très bien que les étrangers payent plus cher leur billet pour un musée ou un bateau car c’est l’Etat qui en subventionne une grosse partie.

La modernité et le développement côtoient la tradition. Il y a ces motos et ces artères qu’elle ne sait pas comment traverser, tous ces portables, les cybercafés mais aussi les chapeaux coniques de ces femmes qui parcourent les rues en sautillant sous le poids de la palanche, le culte des ancêtres avec ses autels dans chaque maison, les marchés traditionnels.

Le passé tragique est bien présent quand elle nous parle de l’Agent orange qui, plus de 35 ans après la fin de la guerre, tue encore. Et avec ces femmes rencontrées dans un musée à Ho Chi Minh Ville qui ont combattu dans les rangs du Vietminh et du Vietcong pour la la liberté et l’indépendance nationale, l’une d’entre elles ayant passé onze ans à Poulo Condor dans le sinistre bagne, français puis américain.

Après la chaleur humide d’HCMV, elle apprécie la douceur de l’éternel printemps de Dalat et évoque le souvenir de Yersin. Puis elle découvre les Montagnards, cette mosaïque d’ethnies aux splendides costumes millénaires et qui tiennent à leur identité propre. Certains pratiquent le brulis dont on sait la menace qu’il représente pour la forêt. Au coeur des Hauts Plateaux, il y a la province de Kontum martyrisée par la guerre : un Vietnamien lui dit qu’« ici tout le monde est heureux, même les plus pauvres, car nous vivons en paix ». Ensuite c’est la descente sur le joyau de Hoï An, qui le reste malgré les touristes, des pagodes hors d’âge, des temples Cham... et des pluies torrentielles. Elle passe le Col des Nuages, sublime et stratégique. Elle arrive à Hué, son ambiance culturelle, ses vapeurs mauves, sa cité impériale largement détruite par les Américains, les paisibles ballades en bateau sur la Rivière des Parfums. Une longue nuit en bus la mène Ninh Binh et à la magique baie d’Along terrestre dont l’harmonie la bouleverse. Puis c’est Hanoï et une reprise de contact un peu difficile avec le réalité urbaine et les deux-roues pétaradants qui avancent en masse compacte. Elle visite le mausolée d’Ho Chi Minh et ressent la profonde émotion palpable des Vietnamiens. Mais elle préfère sa petite maison de teck sur pilotis. Après une nuit de train, l’arrivée à Lao Cai se fait sous une pluie battante, qui continue jusqu’à Sapa dans cette région du Nord-Ouest qui est la plus belle du Vietnam. Le Fleuve Rouge coule avec ses lourds et riches limons colorés. La terre ocre rouge met en valeur les verts des rizières. Puis vient le temps du retour à Hanoï, ses lacs, son Temple de la Littérature, son quartier des trente-six corporations, ses marionnettes sur l’eau. Bien entendu, notre routarde se rend à la baie d’Along, l’un des plus époustouflants paysages de notre monde... Un beau voyage.

JP Archambault

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