Le chemin de la mosaïque est l’une des plus spectaculaires réalisations de ce millénaire est sans conteste ces presque 4 000 mètres sur une superficie d’environ 7 000 m2 de mosaïques qui agrémentent maintenant en plein centre de Hanoi la digue du Fleuve Rouge.
Depuis 2007, nous avons, dans Perspectives, régulièrement fait état de l’avancement de ce projet initié par une jeune journaliste du Hanoi Moï, Nguyen Thu Thuy. Thuy vient de recevoir le record Guinness, reconnaissance fort prisée par les jeunes vietnamiens. Pour avoir participé quasiment depuis le début à ce projet, je peux affirmer que la récompense accordée à Thuy, ainsi que sa reconnaissance par le Comité populaire de Hanoi comme l’une des 10 personnes méritantes de la ville sont bien méritées.
Thuy a franchi pas à pas tous les obstacles, car son projet lui tenait à cœur. Beaucoup n’ont pas su détecter la force de sa détermination sous une aisance tranquille et souriante… Elle est allée avec ses proches collaborateurs (artistes, médias, sponsors) à la recherche de l’Histoire et elle en a marqué la digue. Thuy symbolise parfaitement les nouveaux espoirs vietnamiens avec son esprit d’entreprise doublé d’une ouverture étonnée, presque naïve, et curieuse sur le monde. Ces Kilomètres sont moins un chef d’œuvre qu’un inventaire de différentes perceptions de l’Histoire, des tambours de Bronze aux narrations artistiques vietnamiennes actuelles en passant par les différentes périodes, Ly et Le, les Minorités, les dessins d‘enfants et tout dernièrement l’expression d’un socialisme national revisité par de jeunes plasticiens.
La réalisation de l’ensemble est gaie et presque insouciante.
L’un des deux premiers étrangers ayant participé, le
danois Michael Geertsen, avait apporté son savoir
faire de mosaïste mais sa conception en gris et blanc
a été transformée en couleurs par notre entreprenante
amie sans autres négociations. Le Danemark a payé
et l’ambassadeur est venu inaugurer la partie inachevée,
presque face du terminal des bus à l’Ouest
du pont Long Bien, sans l’artiste pressé de rejoindre
ses pénates !
Je peux dire que moi-même, j’ai essuyé
les plâtres de l’aventure, mais ma partie reste sûrement
l’une des plus atypiques et légères du fait de ses
tâtonnements et maladresses ! Bravo et bon entretien.
Dominique de Miscault
