Lê Thị Nhâm Tuyết (29-10-1927/15-8-1912)

Dernier ajout : 22 août 2012.

Hommage à Madame Lê Thị Nhâm Tuyết

Professeur agrégé, ethnologue, au premier rang des experts du Viet Nam pour ses recherches sur les femmes est décédée à 10h30 le 15 août 2012 (le 28 du 6eme mois du Dragon) à l’hôpital « 19/août » Hanoi, à l’âge de 91 ans.

La cérémonie commémorative a été organisée le 18 août à la maison funéraire du Ministère de la défense (5 Le Thanh Tong-Hanoi). La crémation a eu lieu le même jour au crématoire de Hanoi.

Nhâm Tuyet est née l’année du Chien (1922) à Hanoi. Ancien chercheur, puis chercheur de haut niveau du Comité des Sciences sociales (Académie des Sciences Sociales, aujourd’hui), elle a travaillé comme historienne à l’Institut d’histoire (1964-1967), directrice du Département de la muséologie (précédant le Musée d’Ethnographie d’aujourd’hui) près de l’Institut d’Ethnologie (1968-1982), puis
sous directrice du Centre des études scientifiques sur la femme (Institut des études sur la famille et le genre d’aujourd’hui) 1983-1993.

En 1983, elle s’est vue décernée par l’Etat le titre de « professeur agrégé ».
En 1993, elle fondait et devenait directrice du « Centre d’études du genre, de la famille et de l’environnement dans le développement » (CGFED) – Research Centre for Gender, Familly and Environment in Development-, à ce moment là, c’était une organisation non gouvernementale (ONG), ce qui était nouveau au Vietnam. Après 15 ans, sous sa formation et sa direction, le CGFED est plein des activités bouillonnantes, de succès efficaces et en développement continu. En 2008, elle créait un bulletin spécial intitulé « L’égalité du genre », c’est une organe, forum de CGFED dont la publication est mensuelle.

Dès ses premières recherches à l’Institut de l’Histoire et à l’Institut d’Ethnologie, elle met toutes ses forces sur le thème de la « femme » et d’ « égalité du genre ». En 1972, les éditions en langues étrangères (les éditions de The Gioi, aujourd’hui) ont fait traduire et publier en chinois ses travaux « la femme vietnamienne à travers les époques ». En 1973, les éditions des sciences sociales l’ont publiée en vietnamien. Et ainsi de suite, dans les années qui suivent cet ouvrage fut réédité en anglais, en français et en vietnamien. Durant 48 ans (1964-2012) Nham Tuyet a laissé 3 livres, et elle est rédacteur en chef de 3 autres, et co-auteur de 16 livres, et plus de 30 articles en anthropologie sociale et anthropologie culturelle, publiés dans des revues scientifiques.

Ces dernières années, à près de 90 ans, toujours lucide, elle fut rédacteur en chef d’ouvrages comme : « L’image de la femme vietnamienne au seuil du XXIè siècle », publié aux éditions « The gioi » et réédité en 2005 ; « Connaissance des droits de procréation, droit du sexe et la qualité de la vie » (éditions The Gioi- Hanoi 2009) et en même année, elle a publié son livre « les mœurs arriérées et injustes dans la vie de la femme vietnamienne », publié par les éditions de la jeunesse (Nxb.Thanh nien) à Hanoi.

Avec les autres chercheurs du CGFED, Le Thi Nham Tuyet prouve toujours ses qualités scientifiques, modèle incontesté, professeur bien aimée de la jeune génération ; durant bien des années passées elle a montré son démarche inlassable, sa patience dans la transmission de ses expériences, son assiduité, sa sincérité de travailleuse qui a consacré toute sa vie à la science des femmes et pour les femmes.
Chu THai So,n traduit par Le Thu Thuy

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Notre amie Lê Thị Nhâm Tuyết (29-10-1927/15-8-1912) vient de mourir

Notre amie Lê Thị Nhâm Tuyết vient de mourir à Hanoi, où elle dirigeait un laboratoire d’anthropologie attaché à la cause des femmes, le CGFED (Centre de recherche pour le Genre, Famille et de l’environnement dans le développement ; site : www.cgfed.org.vn). Professeure d’anthropologie sociale, Tuyết avait fondé ce laboratoire dans le contexte de l’élan qui porte aujourd’hui à l’échelle mondiale l’émancipation des femmes, parallèlement à la lutte pour liquider les préjugés racistes des colonisateurs.

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Francophone, Tuyết appartenait à la génération de Georges Condominas (1921-2011), pionnier de l’anthropologie vietnamienne post-coloniale ; parmi les problèmes du Vietnam nouveau, elle s’était particulièrement consacrée à l’étude d’une des principales catastrophes causées par la guerre américaine : le malheur des mères qui mettent au monde des enfants malformés parce qu’elles ou leurs conjoints ont été intoxiqués par les défoliants de Monsanto et autres firmes chimiques sinistrement célèbres. Il y a dix ans, Tuyet a demandé à Bernard Doray, président du CEDRATE (Centre d’étude de recherche et d’action sur les traumatisme et l’exclusion), et à Jacques Maître, de travailler avec le CGFED dans le cadre d’une recherche anthropologique sur le thème de l’Agent orange auprès d’ethnies montagnardes dans la vallée d’A Lưới (province de Thừa Thiên-Huế). Cette collaboration fraternelle vietnamo-française a été menée jusqu’au bout et Tuyet eut même le temps de rédiger le chapitre qui ouvre le livre (actuellement sous presse) où les résultats sont exposés pour le public français.

Avec une longévité remarquable, Tuyet aura ainsi travaillé durant toute sa vie de chercheuse et de professeure au service de la population vietnamienne et des sciences sociales en s’appuyant sur l’amitié entre nos peuples. Jacques Maître