les insignes de la Légion d’Honneur à M. Trinh Ngoc Thai

Dernier ajout : 26 juin 2013.

Décoration de Monsieur Trinh Ngoc Thai, au grade d’Officier de la Légion d’Honneur
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Le 20 juin 2013, M. Jean-Noël Poirier, Ambassadeur de France au Vietnam, a remis à M. Trinh Ngoc Thai, ancien Ambassadeur du Vietnam en France, les insignes de la Légion d’Honneur, au cours d’une cérémonie à la Résidence de France.

L’Ambassadeur de France a remis les insignes de la Légion d’Honneur à M. Trinh Ngoc Thai

Cette décoration vient distinguer son engagement exemplaire, pour l’amitié entre la France et le Vietnam. Son parcours, jalonné de moments historiques, témoigne des liens profonds, uniques, qui unissent la France et le Vietnam.

A l’issue de ses études à l’Ecole Normale Supérieure du Vietnam, il a été enseignant, avant d’être mis à disposition de la Commission Internationale de contrôle et de surveillance des Accords de Genève.

Vice-President de département à la Commission des relations extérieures du Parti communiste, il a été membre de la délégation de la République Démocratique du Vietnam à la Conférence de Paris, entre 1968 et 1973. Il a participé à toutes les réunions de ce moment fort de l’histoire du Vietnam et en a constitué un témoin précieux.

L’Ambassadeur de France a remis les insignes de la Légion d’Honneur à M. Trinh Ngoc Thai

Après la guerre, il contribue à insérer davantage le Vietnam sur la scène internationale. Ambassadeur du Vietnam en France, il a été l’un des principaux interlocuteurs des autorités françaises pour préparer la visite au Vietnam du Président François Mitterrand en 1993. Cette première visite officielle d’un chef d’Etat occidental au Vietnam depuis 1975 a ouvert un nouveau chapitre dans notre relation bilatérale. Il en a été l’un des artisans.

Dans les années 90, il a également facilité l’implantation ou le développement de structures françaises au Vietnam.

Parfait francophone, il a, tout au long de sa carrière, contribué au rayonnement du français. Membre et Président du Conseil Permanent de la Francophonie de 1992 à 1997, il s’est impliqué pour l’adhésion du Vietnam à l’organisation mondiale de la francophonie. En 1997, il était, en tant que Secrétaire général du Comité national d’organisation, au cœur du 7ème Sommet de la Francophonie à Hanoi.

Son engagement personnel témoigne lui aussi de son implication pour le développement, la paix et la meilleure compréhension entre les peuples. Vice-président de la Fondation pour la Paix et le Développement du Viet Nam, il est aussi Vice-président de l’Association d’amitié Vietnam-France.

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En cette Année France-Vietnam, qui doit marquer une nouvelle étape dans la relation bilatérale, son engagement a une portée toute particulière. Il a œuvré au rapprochement des deux peuples et à leur meilleure compréhension mutuelle. Au fil de notre histoire commune, parfois mouvementée, il a constitué un lien, une passerelle.

La Légion d’Honneur constitue la plus haute décoration de la République française. Instituée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte, elle récompense depuis ses origines les « mérites éminents », militaires ou civils, rendus à la Nation.

publié le 21.06.2013

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DISCOURS DE REMERCIEMENTS
DE M. TRINH NGOC THAI

Excellence, Monsieur Jean-Noël Poirier, Ambassadeur de France au Vietnam,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

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C’est avec un grand honneur et une vive émotion que j’assiste à cette cérémonie, laquelle couronne toute une vie au service de l’amitié entre nos deux pays.
De l’étudiant que j’étais à ma carrière diplomatique, des rives du fleuve Rouge aux bords de la Seine, j’étais à l’affût des sons, des couleurs, des codes complexes et subtils qui divisent et rapprochent les êtres humains. Je les captais, par petites touches, tel le peintre devant son chevalet ou le sculpteur devant sa matière. Puis une lente cristallisation a donné naissance à ma culture générale, ressort de ma vie professionnelle.
Aujourd’hui, le récipiendaire qui se présente devant vous, Monsieur l’Ambassadeur, et tant d’invités de marque, se sent impressionné – pourtant en 1996, il a déjà reçu l’Ordre national du Mérite au Quai d’Orsay à Paris –, et s’interroge comment dominer son sujet. Alors il tente un rapprochement sans savoir s’il est judicieux de le relater. Le grand oral de l’ENA que vous avez passé, Monsieur l’Ambassadeur, s’ouvre par une question anodine pour tester le candidat. Il est certain que votre remarquable réponse vous a permis d’accéder à la voie royale vers l’un des plus prestigieux corps de l’État. Celle des Affaires étrangères qui est la vôtre. Et sans elle, nous nous serions trouvés, vous et moi, à cet instant, à des milliers de lieues l’un de l’autre.
Cela étant dit, puis-je brosser brièvement mes activités en relation avec la France tout au long de ma carrière ? Activités qui justifient cette haute distinction d’Officier de la Légion d’honneur dont vous me décorez au nom du Président de la République française.
Juste après le déclenchement de la guerre américaine au Vietnam, je fais partie de la première délégation Nord-vietnamienne à se rendre à Paris en 1965 pour alerter l’opinion française et mondiale.
En 1968, je suis membre de la délégation de la République démocratique du Vietnam à la Conférence de Paris sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Vietnam. Et ce, jusqu’aux derniers retraits des troupes américaines, en mars 1973.
Dans les années 80, en ma qualité de vice-président de la Commission des Relations extérieures du Comité central du Parti communiste du Vietnam, et de l’Union des organisations de paix, de solidarité et d’amitiés avec les peuples , je suis responsable de la direction de l’Europe, y compris la France.
De 1992 à 1996, en tant qu’ambassadeur de la République socialiste du Vietnam en France, je cherche à activer les relations bilatérales ponctuées par la visite officielle du président François Mitterrand à Hanoï, en 1993, ouvrant alors une nouvelle page d’histoire entre nos deux peuples, tout en étant parallèlement le représentant personnel du Président de la République socialiste du Vietnam, en 1992 ; puis Vice-président du Conseil permanent de la Francophonie, en 1996. Pendant ces années s’ouvrent à Hanoï les bureaux de l’Agence de développement française (ADF), de la Maison du droit, du Centre franco-vietnamien de formation à la Gestion (CFVG), l’Agence universitaire francophone (AUF), l’Institut français de l’informatique (IFI )…
En 1997, de retour à Hanoï, je deviens Secrétaire général du Comité d’organisation du Septième sommet des chefs d’État de la Communauté francophone avant de consolider les relations multiformes franco-vietnamiennes, c’est-à-dire dans les domaines économique, social et culturel.
L’écrivain Édouard Herriot qui ne passera à la prospérité que par la grâce d’une seule phrase dit : « La culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié ». Sans vouloir le contredire, je vous confesse qu’au soir de ma vie de diplomate, je continuerai à œuvrer, d’une manière ou d’une autre, à resserrer les liens d’amitié et de coopération entre nos deux pays.
Pour ne pas retenir plus longtemps votre attention, je voudrais vous remercier, Monsieur l’Ambassadeur, de m’avoir remis cette haute distinction honorifique et vous prie de transmettre ma profonde gratitude à Monsieur le Président de la République française.
Mes sincères remerciements vont aussi à toutes les personnalités françaises et vietnamiennes ici présentes, et également au personnel de l’ambassade sans lequel cette cérémonie n’aurait pas eu lieu.
Je vous souhaite à tous : santé, bonheur et prospérité.
Vive l’amitié vietnamo-française.
Je vous remercie de votre attention.

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