Partition silencieuse Ea Sola

Dernier ajout : 9 novembre 2013.

C’est une impression très mitigée que laisse le roman d’Ea Sola : Partition silencieuse, paru en 2013 chez Libella Maren Sella

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Une famille de notables saïgonnais est écartelée par les conflits qui ont déchiré le Vietnam depuis 1945 (quelques excursions narratives entraînent jusqu’en 1925) et sont ressuscités par l’enquête menée sur sa famille mais surtout sur sa propre identité, par la protagoniste, Xa. Quelques techniques de construction romanesque assez habiles, imposent une lecture active, à laquelle est confiée la reconstitution d’une chronologie volontairement déconstruite.
Jeu auquel on se livrerait avec plaisir et profit s’il s’agissait vraiment de naviguer dans les décennies passées pour mettre en rapport les événements qui ont constitué l’histoire du Vietnam de façon à construire du sens, une analyse. Mais ici, l’absence de linéarité dans le récit n’aboutit qu’à sortir les conflits individuels du contexte, à brouiller ce dernier, à gommer l’Histoire. Pour quelques pages agréables, il faut parcourir des paragraphes entiers qui se veulent poétiques, mais dans lesquels le lecteur repère assez vite des tics d’écriture qui se répètent (le sur-emploi des infinitifs, les phrases sans verbes, par exemple).
Quelques beaux éclats, donc, dans un texte auquel, finalement, on n’adhère pas, et qui laisse, tant en ce qui concerne l’élaboration des personnages et de leurs relations qu’en ce qui concerne le déchiffrement du destin du Vietnam contemporain, une sensation
d’inutilité.
Françoise Paradis