poèmes Tinh Khuc Romances du poète Hoang Cam

Dernier ajout : 2 juillet 2015.

Tinh Khuc Romances, un hommage à la poésie de Hoàng Cầm
Editeur Huong Tích ISBN : 978-604-86-3117-8 150 000 VND

Le recueil de poèmes Tinh Khuc Romances du poète Hoàng Cầm est une création de Dominique de Miscault et de Tué Sy. Un recueil de soixante quinze pages à feuilleter simplement. Il nous oblige à la méditation, rappelant la fragilité de la nature humaine et la rareté de l’art. Dominique de Miscault pose d’emblée la question : Qu’est-ce qu’un poète ou plutôt un artiste ? Que reste-t-il de Hoang Cam ? Quel a été son message ? Qui en a fait un être unique ? Découverte.

Hoàng Cầm est l’un des pseudonymes de Bui Viet Tang, le poète, dramaturge et romancier né le 22 février 1922 et décédé le 6 mai 2010 à Hanoi.On lui en connaît aussi d’autres comme Le Thai, Le Ky Anh ou encore Bang Phi. En avril 1957, il contribua activement à la création de l’Association des écrivains du Vietnam. Il ne reçut qu’après 50 ans de silence le prix d’Etat Littérature et Arts, distinction la plus haute décernée aux artistes vietnamiens. Son célèbre poème Lá diêu Bông, cette feuille merveilleuse, fixe définitivement les grandes lignes de son style.
Un ex-libris, eau forte de 1996 réalisée par Dominique et offerte au poète quelques années après leur première rencontre scellera des échanges fugaces mais intenses pendant une petite quinzaine d’années dans cette ruelle, où il demeurait avec son fils à l’ombre de la cathédrale de Hanoi ! Forts de leur connivence, après la parution de refrains pour piano en 2009, Tué Sy, Hanh Vien et Dominique décidèrent de s’attaquer à la poésie du poète maudit Hoàng Cầm : 36 poèmes furent choisis par Hanh Vien. Dominique de Miscault et Tué Sy devaient se concentrer et s’extraire d’eux mêmes, afin de le traduire dans d’autres langues. Le cheminement fut rythmé par des doutes et des remises en question. Ce travail déboucha sur une évidence : Hoang Cam est définitivement un grand poète qui marque l’âme et la pensée vietnamienne.

Il parut indispensable de consulter des traducteurs chevronnés pour analyser à plusieurs voix les trente-six poèmes déjà traduits. Le Hong Sam, la traductrice nordiste de Balzac et Flaubert décida, non sans une charmante autorité, qu’il fallait n’en retenir que les dix plus connus (nous le regrettons, néanmoins) : Pluie sur Thuan Thanh - À ta poursuite- Bain de nuit - Nous deux éternellement verts - Le jeu de Tam Cuc - La Vergerette - Le verger des goyaves - Appeler la paire - L’eau de la rivière Thuong et La feuille de dieu Bong.

A ces textes/figures correspondent et s’entrechoquent des œuvres riches de matières de Dominique : violentes ou doucement apaisées, ces expressions graphiques nous attirent et nous questionnent. Qu’en est-t-il vraiment de ces traces minérales ou animales ? L’énigme de ces images reste intacte et subversive, mais ne faudrait-il pas, aussi, aller au delà des reflets de nos réminiscences, à la rencontre de l’imaginaire Hoàng Cầmien connu de lui seul. Dès lors où placer Tué Sy ? Que devient Hoàng Cầm en français ? Je me suis d’abord heurté à la barrière de la langue ; la lexicologie et la syntaxe très spécifiques dans les poèmes de Hoàng Cầm, soit à cause du dialecte local, soit à cause des variantes historiques, dont certaines me sont inconnues, sont symbolisées par des signes qui sont aussi des mots. J’ai demandé de l’aide à mes ami(e)s qui ont connu le poète comme ses confrères ou ceux qui sont spécialisés dans le décryptage des énigmes, des mots, et des phrases ».
Tout est décryptage dans ce recueil. Tué Sy, le mystique et merveilleux pédagogue en parle définitivement non sans autorité : Maintenant le lecteur doit fermer les yeux, laisser s’évanouir le monde et ses poursuites fatigantes d’un amour naïf et fidèle ; la rizière disparaît au crépuscule comme la paille de riz à l’automne ou l’hiver, ou l’imaginaire feuille de dieu bong … Alors, on perçoit simplement une impression, émergeant de taches colorées : Le vert de l’herbe pour l’amour innocent mais tourmenté aussi par la nostalgie en des traces de couleur foncées et fugaces… .

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Tinh Khuc Romances, un hommage bouleversant à la poésie de Hoàng Cầm

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sommaire du magazine LE COURRIER DU VIETNAM

Le recueil de poèmes Tinh Khuc Romances du poète Hoang Cam illustré et illuminé par Dominique de Miscault et analysé rigoureusement par Tue Sy est un véritable petit bijou à feuilleter et déguster tranquillement dans un parc, un jardin d’agrément, une terrasse fleurie ou encore au pied d’un cocotier près d’une rizière verdoyante. Il nous fait réfléchir sur nous-même, sur nos états d’âme, nous rappelle que la Nature est belle et fragile et que l’Art est un plaisir rare et mystérieux. Dominique de Miscault nous interpelle dès les premières pages : Qu’est-ce qu’un poète ou plutôt un artiste ? Que reste-t-il de Hoang Cam ? Quel a été son message qui en a fait un être unique ? Découverte.

Un être passionnant

Hoàng Cam est un des noms de plume de Bui Viet Tang poète, dramaturge et romancier né le 22 février 1922 et décédé le 6 mai 2010 à Hanoi. On lui connaît aussi d’autres surnoms comme Le Thai – Le Ky Anh ou encore Bang Phi. En avril 1957, il contribua activement à la création de l’Association des écrivains du Vietnam. Il reçut 50 ans plus tard le prix d’Etat Littérature et Arts qui est la distinction la plus haute décernée par l’état vietnamien aux artistes. Il semble que son poème Lá Diêu Bông (La feuille de Dieu Bong) ou encore feuille merveilleuse ou feuille magique soit une référence dans son art et fixe définitivement les grandes lignes de son style inimitable. Pour rendre ainsi hommage à un tel artiste Dominique de Miscault et Tue Sy se devaient d’être transcendants, de donner le meilleur d’eux-mêmes pour mettre, remettre définitivement au goût du jour et pour toujours la poésie de Hoang Cam. Tout part d’un ex-libris tiré en gravure de 1996 réalisé par Dominique et offert au poète. Ce sera le début de rencontres et d’échanges pendant une petite quinzaine d’années afin de connaître l’homme, sa vie tout près de la cathédrale de Hanoi. Vint ensuite l’idée de mettre en valeur avec Tue Sy et Hanh Vien
36 poèmes de l’artiste, de les traduire et de les magnifier à travers une autre langue : la langue picturale. Ce travail colossal déboucha sur une conclusion évidente pour toutes celles et ceux qui sont ouverts à l’Art et à la recherche du Beau : « Hoang Cam est définitivement un grand poète qui marque l’âme et la pensée vietnamienne ».

Un travail d’horloger ou d’orfèvre

Ce travail a été un long cheminement intellectuel rythmé par des doutes et des remises en question. Il était indispensable de s’associer à des traducteurs chevronnés pour analyser à plusieurs voix en respectant les subtilités du poète et tout son imaginaire : « Finalement,
devant la complexité de la traduction, nous ne retenions que dix poèmes sur les trente-six prévus au départ ». C’est ainsi qu’outre les poèmes en vietnamien, les auteurs du recueil ont concentré leurs efforts et offerts en français aux lecteurs les poèmes suivants : Pluie sur Thuan Thanh - À ta poursuite - Bain de nuit- Nous deux éternellement verts - Le jeu de Tam Cuc - La Vergerette - Le verger des goyaves - Appeler la paire - L’eau de la rivière Thuong et bien évidemment La feuille de Dieu Bong.
Tout autour de ces textes figurent, correspondent et s’entrechoquent la beauté et l’émotion de Dominique de Miscault. Tantôt violente, tantôt douce ou apaisée, la peinture de Dominique nous éblouit et attire notre regard. Minérale, animale, énigmatique cette peinture n’a jamais été vue nulle part. A première vue, on y voit la nature, les roches, les animaux mais elle vient de beaucoup plus loin et correspond bien ici à cette autre imaginaire, celui de Hoang Cam qui invente un langage personnel connu de lui seul. Dès lors, comment faire pour Tue Sy, comment approcher la poésie de Hoàng Cam en langue française ? « Je me suis d’abord heurté à la barrière de la langue ; la lexicologie et la syntaxe très spécifiques dans les poèmes de Hoang Cam, soit à cause du dialecte local, soit à cause des variantes historiques, dont certaines me sont inconnues, sont symbolisées par des signes qui sont aussi des mots. J’ai demandé de l’aide à mes ami(e)s qui ont connus le poète comme ses confrères ou ceux qui sont spécialisés dans le décryptage des énigmes, des mots, et des phrases ».
Oui le mot est lancé : décryptage. Tout est décryptage dans ce recueil et Romances est bien en soi un petit émerveillement et un si bel objet que vous avez ou aurez très vite entre les mains obligatoirement. Tue Sy définitivement en parle le mieux : « Maintenant le lecteur doit fermer les yeux, laisser s’évanouir le monde et ses poursuites fatigantes d’un amour naïf et fidèle ; la rizière disparaît au crépuscule comme la paille de riz à l’automne ou l’hiver, où l’imaginaire feuille de Dieu bong …Alors, on perçoit simplement une impression, émergeant de taches colorées : Le vert de l’herbe pour l’amour innocent mais tourmenté aussi par la nostalgie en des traces de couleur foncées et fugaces… ».
Oui fermez les yeux et découvrez parmi tant d’autres beautés « le verger des goyaves » :
Couché sur le sable de la plage mon cœur est léger La vague pousse la jonque Le vent souffle dans la voile Je retiens le gouvernail Qui pousse la jonque à la dérive…
Bon voyage avec nos artistes et respect à Hoàng Cam.
H Fayet

HOANG CAM
mort le 6 mai 2010.