Prof. Dr Gunter Giesenfeld

Dernier ajout : 1er février 2013.

Nixinger

Couple de rêve de l’âge cynique

Günter Giesenfeld

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Comment le Vietnam a été spolié de sa victoire
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Nixinger

Dans l’abondante littérature sur Henry A. Kissinger, le nom de Machiavel est parfois cité, et il a lui-même trouvé ce parallèle largement tiré par les cheveux, mais ça lui a tout de même plu. L’homme politique et théoricien de l’État du 16ème siècle avait développé l’idée d’une raison d’état indépendante des religions (Il principe, 1532). Parce qu’il voulait garder la monarchie comme forme de gouvernement, il a fondé ses espoirs sur un prince « raisonnable » qui imposerait à l’Italie sous une forme ou sous une autre un État sécularisé. Mais Kissinger n’était pas un prince, seulement un intellectuel qui a compris le mot « pouvoir » d’une manière globale et peut-être plus moderne. La sensibilisation du public, les intrigues réussies, l’exercice du pouvoir sur les plus faibles et l’image américaine du « battant » ou même des héros occidentaux lui correspondent. Son « machiavélisme » est entré en collision avec le milieu dont il est issu, et qui a été culturellement influencé beaucoup plus tard par les Lumières – Harvard. C’est pourquoi certains interprètes en ont déduit une certaine forme de tragédie personnelle, ce qui toutefois ne correspond pas à la banalité plutôt troublante de sa carrière, si l’on fait abstraction de ses conséquences.
Les premières idées
Dans le numéro de janvier 1969 de la prestigieuse revue politique Foreign Affairs est paru un article intitulé « The Viet Nam Negotiations ». Auteur : Henry A. Kissinger. Peu de temps avant le début des négociations1 entre les USA et la RDV, auxquelles il ne participait pas encore, Kissinger a tenté de soupeser les perspectives de la Conférence de Paris d’un point de vue politique et historique.
« Même s’il existait une confiance mutuelle – une marchandise dont l’offre n’est pas en quantité particulièrement importante – la complexité des problèmes et la difficulté à saisir leur interdépendance ne peuvent se résoudre dans de simples négociations. » Le papier montre que l’auteur a – en dépit d’une vision partiale – identifié des faits essentiels qui caractérisent cette guerre, et qu’il en tire des conclusions absolument plausibles et rationnelles.
La présentation commence par une critique des idées du général Westmoreland2, qui a affirmé en novembre 1967, que la guerre était gagnée et que les troupes US pourraient se retirer en 1968. C’était là l’expression d’une stratégie éloignée des réalités et traditionnelle. Celle-ci a consisté à contrôler le plus possible de territoires au Sud-Vietnam et à infliger suffisamment de pertes à l’adversaire afin que celles-ci soient insupportables pour Hanoï. En attendant, il suffit d’assécher la guérilla dans le Sud et on aura la victoire.... voir les pdf