Reportage à Ho Chi Minh Ville avec Silvain...

Dernier ajout : 27 octobre 2012.

Reportage à Ho Chi Minh Ville avec Silvain Aumon, ex-volontaire du Service Civique au Vietnam

Mangrove de Can Gio : Une écologie de terrain

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la mangrove après les épandages

Le site naturel de la mangrove de Can Gio s’oriente résolument vers quatre axes forts : réhabilitation et plantation d’essences rares et suivi de la faune, approche scientifique d’un milieu naturel unique, tourisme découverte, protection environnementale. Can Gio Mangrove Forest Protection (CGMFPM), organisme dépendant du ministère de l’agriculture vietnamien est en charge du site naturel de la mangrove de Can Gio. Celle-ci peut se définir comme un écosystème de marais maritime, ensemble inextricable de palétuviers et végétaux luxuriants qui se
développent sur de fortes racines dans les baies aux eaux calmes.

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La première mission de CGMFPM consiste à réhabiliter cette forêt très particulière qui, à 40 km de la ville phare du Sud Vietnam, n’abrite pas moins de 150 espèces floristiques et presque autant dans le domaine animal. Des caractéristiques exceptionnelles qui, comme le fait de s’étendre sur 70 000 ha et de constituer la plus grande réserve de mollusques au monde, lui a valu d’être inscrit comme site mondial
de « Biosphère » par l’Unesco.

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Pour ce faire, sous la direction de M. Sinh, elle dispose d’une centaine de salariés répartis dans les 24 « compartiments » qui ont été dessinés à cet effet.

- Réhabiliter
Réhabiliter la forêt, replanter les essences, constituent la première et principale mission de CGMFP. Après une destruction à 90 % pendant la guerre du Vietnam, la réhabilitation de la forêt a été inscrite comme prioritaire par la ville de Ho Chi Minh. Cette action d’envergure a ainsi débuté au lendemain de la fi n du conflit grâce à la volonté et au travail d’une poignée de volontaires (dont M. Sinh, actuel responsable).
Une opération géante de déblaiement dans un premier temps où les hommes tenteront d’oublier les aléas environnementaux, présence d’insectes piqueurs
en nombre et de crocodiles, notamment.

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Puis la ville de Ho Chi Minh va créer l’organisation Can Gio Mangrove Forest Protection Management. Celle-ci sera en charge de définir les zones à replanter, retrouver et faire se multiplier les essences, protéger de la déforestation et du braconnage. Entourée par différentes provinces pauvres, la forêt attise en effet les convoitises et demande des moyens humains de plus en plus conséquents.
L’effectif grossit, prend forme et se met en place au fur et à mesure des années. Le bureau principal est implanté dans la forêt et regroupe une trentaine de salariés au sein de services distincts : La direction, chargée de valider les décisions ; le service comptabilité et ressources humaines ; celui de l’écotourisme et l’éducation ; l’administration ; le service de de replantation et celui attaché à la sécurité.

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- Étudier
Au fil des ans et des études scientifiques, la forêt de Can Gio est apparue comme le véritable poumon d’Ho Chi Minh ville. Les composantes du sol permettent en effet d’absorber une quantité plus importante de carbone qu’un sol classique. C’est dans ce sens que la lutte contre l’érosion des sols et la déforestation sont apparues comme des priorités et que l’intérêt des chercheurs s’est manifesté.
L’organisation travaille donc avec de nombreux partenaires, universités américaines, japonaises, entreprises, scientifiques et les salariés sont eux-mêmes conviés à des conférences à travers le monde afin d’échanger sur le sujet. Un Français va ainsi réaliser un travail de fond afin de mesurer l’impact de la pollution sur la forêt et les risques que cela peut faire peser pour demain.

- Développer
Conscients de la richesse naturelle que constitue ce lieu unique qu’est la mangrove, les responsables de CGMPF ont mis en place, depuis cinq ans, un plan de développement du tourisme environnemental. D’ores et déjà, plus de 200 000 visiteurs, essentiellement des Vietnamiens, découvrent Can Gio chaque année. CGMFPM veut aller plus loin et séduire notamment les entreprises avec une nouvelle forme de tourisme, le « team working » . Il s’agit de faire prendre conscience de l’intérêt écologique du lieu et aider à son développement.

Parallèlement, grâce à des financements de mécènes japonais, des locaux d’accueil ont été entièrement refaits, tandis qu’un restaurant, un bassin d’eau et quatre maisons sont en construction dans le but d’héberger au mieux les touristes.

- Sensibiliser
Dernier axe d’action pour les responsables de CGMFPM, la sensibilisation des plus jeunes (8-14 ans) à leur environnement et la mise en relief des richesses
naturelles qu’ils côtoient. Cette double approche concerne déjà une quinzaine d’écoles qui bénéficient régulièrement de la visite d’employés attachés à Can Gio.
L’organisation fournit des cahiers, des stylos et de la documentation. Chaque mois, des petits concours sont également proposés afin de récompenser les élèves les plus motivés. Ces classes permettent de travailler en véritable harmonie avec les populations locales et ce n’est pas un hasard si de nombreux salariés sont issus des villages situés à proximité de la mangrove.
Silvain Aumon

Pour obtenir plus d’informations, s’inscrire à la page Facebook « Can Gio Mangrove Biosphere » et consulter le site officiel « cangiomangrove. org.vn ».)

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