Saint Malo

Dernier ajout : 4 octobre 2014.

Premier Festival du film vietnamien à St Malo*

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Du 1 au 6 juillet 2014

Saint Malo, cité corsaire, dont tant d’habitants ont écumé les terres lointaines, était prédestinée pour accueillir le premier festival du film vietnamien dans le cadre de l’année du Vietnam en France, organisée à l’occasion du quarantième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et le Vietnam.
L’année du Vietnam en France a pour ambition de faire découvrir les aspects les plus contemporains et les plus créatifs du Vietnam.
Le festival du film vietnamien qui a eu lieu du 1er au 6 juillet 2014 s’inscrit dans cette dynamique.
Le département du cinéma vietnamien** a choisi de présenter neuf long métrage et trois documentaires en compétition devant un jury*** présidé par Régis Wargnier (réalisateur du Film « Indochine ») ainsi que sept films, un documentaire et trois films d’animation hors compétition.
En parallèle, les organisateurs ont présenté, au début et à la fin du Festival, des films sur le Vietnam dont les réalisateurs, Français ou d’origine vietnamienne, ont connu le succès auprès du public français : A la verticale de l’été de Tran Anh Hung (2000), L’odeur de la papaye verte de Tran Anh Hung (1993), Dien Bien Phu de Pierre Schoendoerffer (1992), Indochine de Régis Wargnier (1992) et l’Amant de Jean-Jacques Annaud (1992). Deux colloques Au travers des films vietnamiens de ces dernières années, se tisse le lien entre des événements souvent tragiques de l’histoire du Vietnam et les aspects les plus contemporains de la société vietnamienne, qui montre toute la richesse et la complexité du pays. Deux colloques ont eu pour thème : Le Vietnam et le cinéma d’aujourd’hui –tourner au Vietnam et le Vietnam et le tourisme.
Les films historiques présentés peuvent se classer en deux catégories.
Les uns abordent des thèmes classiques de l’histoire ancienne du pays : Khat Vong Thang Long (Aspiration) de Luu Trong Ninh (2010), Thien Menh Anh Hung (La lettre de sang) de Victor Vu (2011), films qui allient action et parfois science-fiction comme : Lua Phat (Il était une fois au Vietnam) de Dustin Tri Nguyen (2013).
Les autres s’attachent à traiter des faits de guerre pour maintenir un devoir de mémoire et de sentiment national : Nhung Nguoi Viet Huyen Thoai (Créateurs de légendes) de Bui Tuan Dung (2013), Mui Co Chay (L’odeur de l’herbe brûlée) de Nguyen Huu Muoi (2011) et Song Cung Lich Su (Vivre avec l’histoire) de Nguyen Tanh Van (2014).
Les deux derniers films ont la particularité de mettre en scène des jeunes soldats vietnamiens.
« L’odeur de l’herbe brûlée » montre le destin de quatre étudiants de l’université de Hanoï lors de la bataille très meurtrière de la citadelle de Quang Tri de 1972. « Vivre avec l’histoire » fait revivre à trois jeunes étudiants en promenade dans la région de Dien Bien Phu la dureté de la bataille, en les faisant spectateurs puis acteurs.

Des aspects plus modernes de la société sont abordés comme :
Le monde du show business où deux jeunes femmes sont prêtes à tout pour avoir un rôle : Bi Mat Tham Do (Scandale –secret du tapis rouge) de Victor Vu (2012), l’amour entre un étranger et une jeune fille Hmong : Va Anh Se Tro Lai (Il reviendra) de Dinh Tuan Vu (2013), la condition d’une femme stérile : Trang Noi Day Gieng ( La lune au fond du puits) de Nguyen Vinh Son (2009), l’homosexualité féminine refoulée : Choi Voi (Vertige) de Bui Thach Chuyen (2011), la vie, difficile, en ville, d’une enfant négligée par sa mère, pauvre vendeuse tombée amoureuse d’un camionneur, Tam Hon Me ( L’âme maternelle) de Nhue Giang Pham (2011).

Des films documentaires sur le journal d’une infirmière pendant la guerre, sur des aspects de la vie dans les villages et des films d’animation pour enfants ont pu montrer la diversité du cinéma vietnamien.

Ce premier festival a été reçu avec beaucoup d’enthousiasme et d’assiduité par la population de St Malo et de ses environs. Ce fut l’occasion pour celle-ci de commencer à découvrir avec ces films, le Vietnam.
Cet enthousiasme a aussi animé le jury dont le Président a salué la qualité et la diversité.

Un film a reçu à l’unanimité le grand prix du festival et du public : Tam Hon Me (L’âme maternelle) de Nhue Giang Pham (2011).
Pour l’attribution du prix de la meilleure actrice et du meilleur acteur, le jury a choisi de le donner à deux actrices et deux acteurs.
Les deux actrices primées : Van Trang (pour son interprétation dans les films : Bi Mat Tham Do (Scandale –secret du tapis rouge) et Thien Menh Anh Hung (La lettre de sang) et Hong Anh (pour son interprétation dans le film : Tam Hon Me (L’âme maternelle) mais la petite fille aurait mérité d’avoir un prix spécial tant son interprétation était émouvante.
Les deux acteurs primés : Minh Truong Quoc Thai (pour son interprétation dans le film : Nhung Nguoi Viet Huyen Thoai (Créateurs de légendes) et Vu Dinh Toan (pour son interprétation dans le film : Khat Vong Thang Long (Aspiration).

Malgré la volonté de développer le cinéma vietnamien, de l’avis des réalisateurs vietnamiens, la production et les financements sont encore insuffisants. Les films ne rencontrent pas une grande audience au Vietnam, le public préférant une autre forme de cinéma : les coproductions américaines ou hongkongaises. La diffusion internationale est encore faible.
Leur souhait est de pouvoir instaurer une plus grande collaboration avec la France et qu’un deuxième festival puisse avoir lieu.
Puisse cette deuxième édition, si elle a lieu, présenter des films plus récents que ceux qui furent en compétition en 2014. Ce serait le signe que le cinéma vietnamien commence à trouver son essor.

Joële Nguyên Duy Tân

*Mme Régine Petit, Présidente du festival
**Mme Ngo Phuong Lan, directrice générale du département du cinéma vietnamien
*** Membres du Jury : Saïda Jawad, Chantal Lauby, Julie Ferrier, Zinedine Soualem, Rachida Brakni et Pascal Elbé

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