Stop kill

Dernier ajout : 1er février 2013.

Stop kill
Puisque c’est à moi qu’il revient non seulement l’honneur de faire un point sur l’ Accord de Paris à l’occasion
de son quarantième anniversaire, mais encore et surtout la responsabilité de le replacer dans la perspective
contemporaine, je ne vais pas vous faire en une page l’analyse de l’historien que je ne suis pas, alors que
Günter Giesenfeld [1]vient de la faire en 70 pages dans son Vietnam Kurier1 en allemand, certes, mais rien
n’empêche de la traduire...
On dispose aussi de Wikipedia2, multilingue cette fois, mais beaucoup plus succinct.
On dispose enfi n du témoignage des amis de l’AAFV qui avaient été directement impliqués dans cette négociation,
je citerai au minimum Madame Binh, M. Raymond Aubrac et l’Ambassadeur Thai.
Pourquoi ce titre « Stop kill » ? Parce que le but de l’Accord de Paris était d’arrêter le carnage. A cet égard,
Giesenfeld met parfaitement en lumière la duplicité et la cruauté de l’ennemi, y compris
dans son caractère multiforme.
On se souvient qu’il a fallu encore 2 ans de guerre qui ne s’avouait pas pour que
l’ennemi s’avoue pour une fois bel et bien battu le 30 avril 1975, même s’il n’a pas
pu s’empêcher de le faire en mauvais perdant. Et ensuite, il a fallu payer le prix de la
liberté...
Il est toujours de bon ton de penser que les guerres sont inévitables et qu’on est bien
assez malin pour que ce fl éau qui ne veut jamais s’avouer, tombe opportunément
chez les autres.
Il faut dire et redire NON à cette façon de penser, précisément à une époque où les
guerres « coloniales » semblent retrouver de la jeunesse (Tchétchénie, Afghanistan,
Libye, Syrie, Niger...). Ces guerres ont lieu parce que nous sommes des lâches.
Les idéaux pour lesquels nous nous sommes battus sont à nouveau piétinés et nous
ne disons rien ! Ou rien d’audible !
Il n’est pas question de nous reposer sur nos prétendus lauriers, surtout quand ce sont
les autres qui se sont battus, certes pour eux, mais en fait surtout pour nous qui
sommes les grands bénéfi ciaires de la paix.
Fasse que chacun de nous et l’AAFV en tant que telle entreprenne ce « combat »
pour la paix sans lequel il semble que nous ne méritions pas de vivre, car nous ne
serions que des assassins ou leurs complices.
Nous savons bien ce qu’il faut faire puisque nous l’avons fait en son temps. Pourquoi sommes-nous devenus
si discrets, enlisés que nous sommes dans des petites querelles internes ? Aurions-nous peur de la vérité ?
Le peuple « donneur de leçons » n’a pas tellement de quoi se vanter ces temps-ci, il est vrai. Raison de plus
pour avancer la tête haute... Le Vietnam, plus précisément son peuple nous tend la main, apprenons à la saisir.
C’est là qu’est l’espoir. Soyons-en fi ers.
JCdM
1 Schwerpunkt : Vietnams Siege (3) 1968-1973 Günter Giesenfeld
Vietnam Kurier Nr. 3-4/2011 en cours de traduction.
2 http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_paix_de_Paris

1) 2) A propos de "Stop kill" (dossier sur l’Accord de Paris dans le numéro 84 de Perspectives)

Monsieur Archambault !
Dans le numéro 84 de Perspectives, la fin de l’article "Stop kill" n’a, selon moi, pas sa place dans un dossier consacré au 40ème anniversaire de l’Accord de Paris dont on sait ce qu’il a représenté pour le peuple vietnamien.
On n’a pas oublié les larmes et le sang versé qui ont imposé aux Américains cette étape importante vers la victoire du Vietnam dans son combat héroïque pour l’indépendance nationale et la liberté. L’accord de Paris est un événement majeur de l’Histoire du XXème siècle. Je me demande donc ce que viennent faire en fin d’article ces propos à la fois ambigus et clairs, erronés (que l’on songe à la solidarité permanente de l’AAFV depuis sa création et il n’est pas de « querelles internes » sur la question). Et plus que regrettables car ils constituent de fait une instrumentalisation de la lutte du peuple vietnamien au service d’on ne sait trop quoi.

Jean-Pierre Archambault
Secrétaire général de l’AAFV

Réponse de Jean-Claude

Cher ami,
À rebours du dicton, il arrive que les grands esprits ne se rencontrent pas. J’ai le sentiment que vous n’avez pas compris ce que j’ai voulu écrire et en suis désolé. En vérité, il s’agissait pour moi de synthétiser, aussi brièvement que possible, l’étude que Günter Giesenfeld a consacré aux négociations de l’Accord de Paris. Peut-être voudrez-vous vous reporter à ce texte d’une soixantaine de pages, que j’ai traduit de l’allemand et que vous trouvez ICI !

Notes

[11 Schwerpunkt : Vietnams Siege (3) 1968-1973 Günter Giesenfeld
Vietnam Kurier Nr. 3-4/2011 en cours de traduction.