Upsidedownism de Nguyen Dai Giang

Dernier ajout : 1er juillet 2015.

Bui Giang EINSTEIN

JPEG - 63.1 ko
Trinh Cong Son

Van Gogh

lire l’interview de Nguyen Dai Giang par Nguyen Thi Tu Huy dans Perspectives 90

Upsidedownism est le fruit de la vie, de l’imaginaire et de la liberté

Nguyen Dai Giang est arrivé aux États-Unis en 1992, et en dépit de conditions difficiles, deux ans après, en 1994, ses tableaux commençaient à gagner des prix. Il est connu en tant que créateur d’une nouvelle école de peinture : Upsidedownism.
Voici les idées majeures du père de l’upsidedownism. La nature nous aide à comprendre les principes de la vie. il n’y a aucun jour sans nuit. Sans lumière nous ne pouvons pas comprendre ce qu’est l’obscurité, donc tout contient le germe de la destructivité. Dans la stabilité, pousse le germe de la révolte, dans la vie, le germe de mort. Bref, la double division est une vérité évidente. Vrai et faux, bon et mauvais, vie et mort, bonheur et souffrance. Rien n’est éternel. Rien n’est immuable. rien n’est stable. (Extrait du manifeste de l’upsidedownism.)

Nguyen Thi Tu huy . Créer une nouvelle école artistique, peu d’artistes peuvent le faire, sinon très rarement. Quelle est la différence entre la création d’une œuvre et celle d’une école, à votre avis ?

Nguyen Dai Giang. Si vous faites de la peinture réaliste, vos tableaux devraient devenir de plus en plus beaux au fil du temps. De même que si vous choisissez de réaliser des peintures surréalistes, abstraites ou cubistes... les « ismes » reconnus et devenant des courants mondiaux, il faudrait que la qualité de vos tableaux dépasse les limites que les créateurs de ces courants ont tracées avec leurs œuvres. Créer une nouvelle école, une nouvelle langue, c’est infiniment difficile, il faut toujours subir des épreuves, des opinions publiques, parfois d’autres envies aussi. Un nouveau courant est créé avec une nouvelle pensée et une nouvelle forme artistique inconnues auparavant. En même temps, sur de nouvelles créations s’exercent toujours les pressions des esprits étroits, routiniers ou superficiels.

N T T h. Upsidedownism, cela ne veut pas dire que ce que vous faites dans vos peintures soit un déplacement de bas en haut et de haut en bas. C’est-à-dire que vous ne changez pas un ensemble en renversant les éléments. Mais c’est tout un mouvement dans lequel les éléments changent de place mais font toujours un ensemble. N’est-ce pas ?

Nguyen Dai Giang. Oui. upsidedownism, c’est une transmutation dans une totalité.

NTTh.Quelle est la difficulté quand on peint à la Upsidedownist ?

Nguyen Dai Giang. En tant que peintre, l’artiste doit aller au delà de lui-même en oubliant son moi. Tant que le peintre garde rancune de ce qu’il a sous ses yeux, il est difficile de faire de la peinture upsidedowniste. L’essence de l’art est la liberté, garder rancune limite la liberté et empêche la sublimation.

N T T h. Dans un certain sens, l’art a créé votre vie, votre malheur/ échec et à la fois votre succès/bonheur. Mais très clairement : vous avez créé de l’art. On peut dire que : vous êtes né de la peinture et la peinture voit le jour grâce à vous. Alors, que signifie l’art, selon vous ? L’art est de l’ordre de la vie ou de l’imaginaire ?

Nguyen Dai Giang. Ma vie est un renversement. La vie d’un grand nombre d’autres personnes est aussi renversement. C’est à partir de cette vie que j’ai créé le courant de l’Upsidedownism. Dans la réalité, nos ancêtres vietnamiens ont introduit cette perspective de renversement dans l’art depuis très longtemps. Je suis leur héritier et j’ai développé cette conception en une école pour apporter quelque chose de vietnamien au jardin multicolore de la peinture du monde. Alors, l’art upsidedownist naît de la vie, de l’imaginaire et de la liberté.

N T T h. Je comprends peut-être pourquoi vous dites que votre vie est un renversement : la vie a fait de vous, un professeur des universités, un ouvrier. Mais c’est à partir du statut d’ouvrier, et non pas de celui d’un professeur que vous avez créé un nouveau courant d’art. Cela renverse vraiment notre façon de juger le rapport entre statut social et contribution d’un individu à la société. Quel que soit son statut social, un individu peut créer.
Vous dites : « l’art signifie le renoncement. Il faut savoir renoncer pour pouvoir créer ». Il est impressionnant de savoir que dans le passé combien vous vous êtes radicalement renoncé à vous même, et de connaître le prix de ce renoncement.
et maintenant, vous continuez à vous abandonner. Vous êtes en train de quitter votre Upsidedownism qui vous a apporté plusieurs succès, pour passer à une autre étape, celle du super-upsidedownism. C’est un renoncement à vous-même, pour découvrir d’autres possibilités en vous. Il est admirable que vous puissiez le faire à soixante-dix ans. Alors, précisément, qu’est-ce que le super-upsidedownism ?

Nguyen Dai Giang. En fait, le superupsidedownism est la suite de l’upsidedownism, et non pas son abandon. Je peignais, avec les techniques d’upsidedown, toujours dans l’axe Sud-Nord. Et maintenant, mes peintures sont réalisées sur quatre axes : Est-Ouest-Sud-Nord. C’est-à-dire les quatre points cardinaux et dans huit directions. Cela signifie que la création s’élance plus haut, plus largement dans une alliance entre l’Oriental et l’Occidental d’un monde de renversements.
entretien avec Nguyen Dai giang réalisé par : Nguyen Thi Tu Huy autoportrait