Visite du Premier ministre Nguyen Tan Dung -24, 25-09-2013

Dernier ajout : 28 septembre 2013.

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A la Une des grands quotidiens

Le Premier ministre Nguyen Tan Dung en visite officielle en France (Nhan Dan) : Dans le cadre de sa visite officielle en France, le Premier ministre Nguyen Tan Dung a assisté le 24 septembre à l’inauguration des nouveaux locaux de l’ambassade du Vietnam à Paris et y a rencontré la communauté des Vietnamiens en France. Lors de son discours à cette cérémonie, le chef du gouvernement vietnamien a souligné que les hauts dirigeants des deux pays ont convenu que le moment était opportun pour porter les relations entre le Vietnam et la France au niveau d’un partenariat stratégique.
Le même jour, M. Nguyen Tan Dung a reçu le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, le secrétaire national du Parti Communiste Français Pierre Laurent et le président de l’Association d’amitié France-Vietnam Patrice Jorland. Le ministre français de la Défense a affirmé que la France est prête à aider le Vietnam pour sa participation aux activités de la force de maintien de la paix de l’ONU ainsi que dans la formation des personnels militaires.
Le Premier ministre Nguyen Tan Dung est aussi intervenu le 24 septembre à l’Institut des Relations Internationales de France. Son allocution est publiée in extenso dans la presse vietnamienne. M. Nguyen Tan Dung ne manque pas de rappeler les relations économiques et culturelles étroites entre le Vietnam et la France : la France est parmi les premiers bailleurs d’APD au Vietnam ; plus de 300 entreprises françaises sont actives au Vietnam ; la flotte de la compagnie aérienne nationale Vietnam Airlines est dominée par les appareils Airbus ; plus de 7.000 Vietnamiens étudient actuellement en France ; près d’une vingtaine de localités français sont en coopération décentralisée avec le Vietnam au titre de 70 projets…. D’après le chef du gouvernement, les relations entre la France et le Vietnam sont exemplaires : elles illustrent le courage de tourner la page douloureuse de l’histoire en vue de bâtir une confiance stratégique pour la réconciliation, la paix, l’amitié et le développement. C’est également un exemple de la coopération entre un pays développé européen et un pays en développement de la région dynamique d’Asie du Sud-Est. Dans la conclusion de son discours, le Premier ministre vietnamien a déclaré que le partenariat stratégique entre le Vietnam et la France se base sur la confiance et des valeurs culturelles et humanistes communes profondes, à entretenir et développer.
M. Nguyen Tan Dung s’est aussi rendu à l’espace Ho Chi Minh au parc Montreau à Montreuil.


Le Premier ministre Nguyên Tân Dung et son homologue français Jean-Marc Ayrault ont signé mercredi à Paris une Déclaration commune sur le rehaussement des relations entre les deux pays au niveau d’un partenariat stratégique..

"Déclaration commune sur le partenariat stratégique entre la République socialiste du Vietnam et la République française.
Fait à Paris, le 25 septembre 2013

1. La France et le Vietnam sont liées par une relation forte fondée sur une histoire partagée. Durant les quarante dernières années, depuis l’établissement de leurs relations diplomatiques, la France et le Vietnam ont posé les fondements d’une relation privilégiée, par de nombreux accords et mécanismes de coopération dans des domaines très variés : politique, défense, sécurité, commerce et investissement, culture, sciences et technologies, éducation, formation, droit et justice, enseignement supérieur et coopération décentralisée, notamment.

2. Respectueux des buts et principes de la charte des Nations Unies, désireux de travailler au renforcement de la paix et de la sécurité ainsi qu’à un avenir commun, confiants dans le développement continu de leurs économies et de leurs sociétés, à l’occasion de la visite officielle en France (du 24 au 26 septembre 2013) de M. Nguyen Tan Dung, Premier Ministre de la République Socialiste du Vietnam, les deux parties ont convenu d’une Déclaration commune de Partenariat stratégique, qui sera axé sur les principes directeurs et objectifs suivants :

A. Coopération politique et diplomatique

3. La France et le Vietnam intensifieront leurs échanges afin de promouvoir le dialogue sur les relations bilatérales de coopération, ainsi que sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun, et ceci à travers les mécanismes suivants :

a) Des rencontres et contacts réguliers de haut niveau, à savoir les visites officielles bilatérales et les contacts en marge des rencontres internationales et régionales ;

b) Le Dialogue stratégique entre les Ministères des Affaires étrangères et les Ministères de la Défense des deux pays, qui a lieu au niveau des Vice-Ministres vietnamiens et de leurs équivalents français ;

c) Des échanges de visite entre les Commissions et les Groupes parlementaires d’amitié des assemblées des deux pays ;

d) La coopération menée dans le cadre des Assises de la coopération décentralisée, et la coopération entre les associations et les organisations non gouvernementales des deux pays.

4. La France et le Vietnam soutiennent le développement de relations étroites entre l’UE et le Vietnam, notamment dans le cadre de l’Accord-cadre de partenariat et de coopération (APC).

5. Les deux pays échangeront leurs points de vue et renforceront la coopération, la concertation au sein des enceintes internationales et régionales, dont l’ONU, l’UNESCO et l’ASEM. Les deux pays, tous deux membres de l’Organisation internationale de la Francophonie, continueront d’y apporter une contribution active.

Les deux pays participent activement au dialogue et à la coopération entre l’Union européenne (UE) et l’Association des Nations de l’Asie du sud-est (ASEAN). Ils considèrent l’ASEAN comme un acteur important de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du développement en Asie. Ils soulignent l’importance de la participation de l’Union Européenne au Forum régional de l’ASEAN (ARF). La France et le Vietnam rappellent leur attachement au multilatéralisme et au rôle central de l’ONU, ainsi qu’au règlement pacifique des différends dans le respect du droit international. La France soutient la promotion des projets en faveur du développement sous-régional, notamment dans la sous-région du Grand Mékong.

6. La France et le Vietnam, déterminés à accroître la confiance et la compréhension mutuelles, renforceront leur coopération pour la promotion de la bonne gouvernance, de l’État de droit et des droits de l’homme. A cet égard, ils affirment leur soutien à la Charte des Nations Unies et à la Déclaration universelle des droits de l’homme, et s’attacheront à approfondir le dialogue entre l’Union européenne et le Vietnam.

B. Coopération en matière de défense et de sécurité

7. Quatre ans après la signature, le 12 novembre 2009, d’un arrangement relatif à la coopération de défense, les deux pays entendent promouvoir les échanges de visite au niveau des ministres, des Hauts fonctionnaires et des experts et renforcer le mécanisme du Comité conjoint de coopération en matière de défense. Ils développeront leurs activités de coopération de défense dans les domaines de la formation, de la santé, des équipements de défense et pour la promotion des escales de bâtiments militaires. La France accompagnera le Vietnam dans sa participation à des opérations de maintien de la paix des Nations Unies et les deux pays intensifieront leurs échanges d’informations sur les questions stratégiques, internationales et régionales. Ils viseront à contribuer par leurs actions au maintien de la paix et de la sécurité internationales.

8. Les deux pays souhaitent que des coopérations industrielles puissent s’intensifier entre entreprises françaises et vietnamiennes du domaine de la défense.

9. La France et le Vietnam réaffirment leur engagement dans la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs.

Les deux pays restent pleinement engagés, aux côtés respectivement des autres Etats dotés de l’arme nucléaire et des autres pays de l’ASEAN, pour permettre la signature du Protocole au Traité sur une zone exempte d’armes nucléaires en Asie du Sud-Est.

10. La France et le Vietnam s’accordent à renforcer leur coopération technique et opérationnelle dans la lutte contre le terrorisme, les filières d’immigration irrégulière, le trafic d’êtres humains, le trafic d’armes, les contrefaçons, le trafic des stupéfiants et le blanchiment des capitaux associé à ces activités et la cybercriminalité.

C. Coopération économique, commerciale et investissements

11. La France et le Vietnam accordent une priorité au renforcement de leur coopération dans les domaines de l’économie, du commerce et des investissements. Ils s’engagent à créer des conditions plus favorables à l’accès aux marchés, aux investissements et aux activités de leurs entreprises respectives. Pour parvenir à ces objectifs, le Dialogue économique de haut niveau lancé à Hanoi le 9 avril 2013 a vocation à exprimer des recommandations aux deux parties.

12. Ces objectifs de coopérations industrielles et technologiques concernent des domaines stratégiques pour le développement du Vietnam, notamment l’énergie, l’industrie aéronautique et spatiale, les transports, l’environnement et le développement durable, le secteur bancaire, les technologies de l’information et de la communication, l’agriculture et l’agroalimentaire. La priorité est accordée aux projets de haute technologie, ainsi qu’aux projets d’appui à la participation notamment des petites et moyennes entreprises.

13. Le Vietnam et la France partagent la même vision responsable d’un développement de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. La France entend apporter son soutien au programme électronucléaire du Vietnam, et affirme sa disposition à lui apporter dans ce domaine son expertise en termes de technologie, de sûreté et de sécurité nucléaires, de formation des acteurs de la filière nucléaire et de recherche de financements des projets. Le Vietnam reconnaît l’intérêt que la France porte à son Programme de développement de l’énergie nucléaire, compte tenu de son souhait de s’équiper des technologies offrant pour le pays le plus haut niveau de sûreté et de sécurité nucléaires.

14. La France et le Vietnam soutiennent la conclusion d’un accord de libre-échange complet, équilibré et ambitieux entre l’Union européenne et le Vietnam qui permettra d’améliorer les conditions d’accès aux marchés intérieurs dans le respect des règles de l’Organisation mondiale du commerce.

15. Les deux pays intensifieront la coordination et l’entraide mutuelle dans les institutions économiques et financières internationales, dont l’Organisation mondiale du Commerce, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et les organisations régionales.

D. Coopération de développement

16. Les deux pays se félicitent des réalisations de la coopération mise en œuvre et financée depuis plus de vingt ans par l’Agence française de développement, le fonds de solidarité prioritaire, la réserve pays émergents, la coopération décentralisée et les ONG françaises, ainsi que les institutions multilatérales dont la France fait partie. Ils veilleront à valoriser et à renforcer les acquis de cette relation, qui continuera à s’adapter au gré des évolutions rapides et du dynamisme économique du Vietnam. Le Vietnam favorisera la mise en œuvre rapide et efficace des projets prioritaires, en particulier dans les secteurs où se concentre l’aide de la France : agriculture, infrastructures (notamment urbaines), appui au secteur productif, lutte contre le changement climatique, développement des énergies propres, gestion de l’environnement et des ressources en eau. Ils accorderont une attention particulière à la réalisation de la ligne 3 du Métro de Hanoi.

E. Coopération en matière de culture, d’éducation, de formation, de recherche scientifique, de droit et de justice

17. Le dialogue des civilisations et la promotion de la création culturelle font partie intégrante des priorités du partenariat franco-vietnamien. Les deux pays s’engagent à favoriser la présence à long terme et le développement de leurs centres culturels à Hanoi et Paris ainsi qu’en province.

18. La France et le Vietnam s’associent pour mener des actions de soutien à l’enseignement du français dans le système éducatif vietnamien, comme les y incitent leurs engagements au sein de l’OIF, ainsi qu’à l’enseignement de la langue vietnamienne dans le système éducatif français. Ils s’efforceront d’intensifier les échanges entre les peuples.

19. La France et le Vietnam poursuivront leur coopération dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche, appuyée sur le développement en commun de l’Université des Sciences et Technologies de Hanoi, les coopérations entre universités et les formations françaises au Vietnam. La France et le Vietnam favoriseront la mobilité des étudiants et des doctorants vietnamiens pour leur permettre de poursuivre leurs études en France, dans le cadre d’un autofinancement croissant de la part du Vietnam. Ils affirment que la médecine est un axe majeur de leur coopération, dans le domaine universitaire, ainsi notamment que dans celui de la lutte contre le VIH/sida.

20. Les deux pays appuieront leurs échanges scientifiques et technologiques sur les réalisations et les projets de recherche conjoints menés en partenariat entre organismes académiques et universitaires vietnamiens et français.

21. Les deux pays renforceront la coopération dans le domaine juridique et judiciaire, dans le cadre de la convention relative à la coopération juridique et judiciaire du 10 février 1993.

22. La France et le Vietnam, à l’occasion de "l’Année France-Vietnam" (2013-2014), approfondiront les échanges dans les domaines de la culture, des productions culturelles et créatives, de l’audiovisuel et du cinéma, du tourisme, du patrimoine ainsi que des sports.

23. La présente déclaration commune donnera lieu à un plan d’action commun régulièrement actualisé.

24. Fait à Paris, le 25 septembre 2013, la présente déclaration est établie est français et en vietnamien, les deux versions faisant foi.". -


http://fr.vietnamplus.vn/Home/Le-discours-du-PM-a-lInstitut-fran%C3%A7ais-des-relations-internationales/20139/34904.vnplus

Le Premier ministre Nguyen Tan Dung, actuellement en visite en France, s’est rendu mardi à l’Institut français des Relations internationales (IFRI), où il a prononcé un discours sur les relations vietnamo-françaises. L’Agence vietnamienne d’Information (VNA) présente ci-dessous son discours dans son intégralité.
"Monsieur Thierry de Montbrial,
> Mesdames et messieurs, 
> Chers amis, 
> J’ai le grand honneur d’être parmi vous aujourd’hui et d’intervenir devant cet auditoire de prestige composé d’hommes politiques et de chercheurs français. Je voudrais remercier Monsieur le Directeur général et ses collègues à l’IFRI pour l’occasion que vous nous avez donnée pour engager ensemble des réflexions sur le partenariat stratégique entre le Vietnam et la France dans un monde soumis à des évolutions rapides et très imprévisibles. 
> 
> Mesdames et messieurs, 
> Chers amis, 
> Les relations entre le Vietnam et la France datent de bien avant l’établissement de nos relations diplomatiques en 1973. En 2013, nous célébrons le 40ème anniversaire de cet événement. L’année 2013 nous rappelle d’ailleurs la visite historique du feu président François Mitterrand effectuée il y a vingt ans au Vietnam, celle qui a ouvert un nouveau chapitre dans les relations franco-vietnamiennes. 
> 
> En jetant un regard rétrospectif sur le chemin parsemé de vicissitudes que nous avons parcouru ensemble, pourrait-on, me semble-t-il, illustrer l’histoire de nos relations bilatérales par l’image du voilier représenté sur le blason de la ville de Paris, un voilier au bon vent qui glisse au fil de l’eau, en dépit d’ouragans, de vagues et des moments très difficiles, qui "vacille mais ne sombre jamais" (Fluctuat nec mergiture) et avec une forte conviction que ce voilier arrivera à bon port, port de la réussite. 
> 
> 
> Mesdames et messieurs, 
> Chers amis, 
> Au cours de ces quarante ans qui se sont écoulés, grâce aux efforts conjugués de toutes les deux parties, dans un esprit d’égalité et de respect mutuel, nous avons obtenu d’importantes réalisations significatives dans nos relations bilatérales. La France est, dès le début des années quatre-vingt dix du siècle dernier, le premier pays européen à accorder un appui sans faille au Vietnam dans son Renouveau tout comme dans son développement et son intégration à la vie internationale sur tous les plans. Le Vietnam, quant à lui, attache depuis toujours une importance particulière à ses relations de partenariat avec la France en faisant de celles-ci une priorité dans le cadre de sa politique étrangère. La chaleur de nos rapports est amplement illustrée par de nombreuses visites de nos dirigeants de haut niveau, par des échanges réguliers entre nos institutions, nos collectivités territoriales ainsi que par des échanges entre nos acteurs sociaux. Nos deux pays ont aussi conclu plusieurs accords et traités importants. Ils ont instauré plusieurs mécanismes de dialogue et de coopération en matière économique, culturelle, de défense, de sécurité et d’échanges humains... en veillant à leur bon et efficace fonctionnement. Le Vietnam et la France sont ainsi devenus progressivement des partenaires privilégiés et ayant des intérêts en jeu l’un pour l’autre dans un grand nombre de domaines et à tous les niveaux. A cela s’ajoute une coordination active entre nos deux pays dans les enceintes régionales, interrégionales et internationales. 
> 
> La France est, à l’heure actuelle, le deuxième investisseur européen et le troisième partenaire commercial européen du Vietnam. Elle figure parmi les premiers donateurs, au titre de l’aide publique au développement (APD) pour notre pays. Plus de trois cents entreprises et banques françaises sont présentes au Vietnam. Plusieurs produits et services français de qualité sont appréciés sur le marché vietnamien. La majorité de la flotte de Vietnam Airlines, au nombre des centaines d’appareils, est composée d’Airbus. Plus de 7.000 étudiants et doctorants vietnamiens suivent des formations dans les universités en France. Une vingtaine de collectivités françaises ont des relations de partenariat avec des villes et provinces du Vietnam dans le cadre de soixante-dix projets dans plusieurs domaines tels que culture, francophonie, éducation, formation, recherches, assainissement, urbanisme, formation professionnelle, développement de l’économie rurale, santé...etc. A cela s’ajoute un grand nombre d’autres actions de coopération qui ne cesse de croître non seulement tant en termes d’ampleur qu’en termes de domaines d’intervention et les acteurs de cette coopération sont non seulement des établissements publics mais aussi de nombreuses organisations sociales et des habitants. Néanmoins, les potentialités de coopération à valoriser demeurent nombreuses et importantes. Il nous revient donc d’inventer une nouvelle approche plus dynamique, plus créative et plus efficace. 
> 
> Seriez vous sans doute d’accord avec moi pour dire que le couple franco-vietnamien a donné l’exemple du courage et de la volonté de surmonter “les vacillements” du passé, de tirer un trait sur les pages douloureuses du passé pour construire une confiance mutuelle, Confiance stratégique, et se tourner ensemble vers la réconciliation, la paix, l’amitié et le développement. C’est aussi l’exemple d’un partenariat entre l’Est et l’Ouest, entre la France, nation industrialisée de premier rang en Europe, et le Vietnam, pays en développement dynamique en Asie du Sud-est. 
> Sur la base de l’excellence de ces relations, je considère qu’aujourd’hui nous avons toutes les raisons de dire avec joie que "ce voilier" des relations bilatérales est bien arrivé au bon port de l’amitié et d’une coopération réussie quand nos dirigeants des deux pays vont conjointement déclarer l’établissement d’un partenariat stratégique entre la France et le Vietnam. 
> 
> Mesdames et messieurs, 
> Chers amis, 
> Le partenariat stratégique d’aujourd’hui reflète la maturité de nos relations riches et intenses à tous les niveaux entre nos deux pays. Ce partenariat stratégique augure une nouvelle période de coopération basée sur la sincérité, la confiance, le respect mutuel, une coopération intégrale de la politique-diplomatie à l’économie en passant par la culture, les sciences et technologies, la sécurité et la défense, ainsi que sur le partage des intérêts pour la paix et la prospérité de nos deux peuples. 
> 
> La responsabilité qui nous incombe est de coopérer avec de nouvelles idées et de nouvelles approches, ce afin d’approfondir ces liens d’affection et ces relations privilégiées, de les rendre efficaces et vigoureuses au service des intérêts des deux peuples. Dans l’immédiat, il nous appartient de concentrer nos efforts sur les domaines clé de coopération, en y attachant une attention particulière, tels que : politique-diplomatie ; défense-sécurité ; économie ; coopération au développement ; culture ; éducation-formation ; recherche scientifique et coopération judiciaire ; coopération au niveau bilatéral et multilatéral dans les enceintes régionales et internationales comme UNESCO, ASEM, ASEAN-UE et la Francophonie…. 
> 
> Sur la base de leçons d’expérience utiles au cours de ces derniers temps, les deux parties devraient renforcer des visites, contacts, et échanges entre leurs dirigeants de haut niveau afin de parvenir à une convergence de vues sur les questions stratégiques dans tous les domaines. Cela nous permettrait dans un deuxième temps d’élever le niveau des mécanismes de dialogue tout comme de donner un coup de pouce à la coopération dans une série de domaines qui sont importants pour le développement durable du Vietnam et dans lesquels la France a des avantages comparatifs. Je peux en citer quelques uns comme l’énergie, les technologies aéronautiques et spatiales, les technologies de pointe, l’agriculture, les transports et les services bancaires.... 
> 
> Cette année, la France et le Vietnam procéderont à une émission commune de timbres à l’occasion du 150ème anniversaire du bactériologiste Alexandre Yersin, qui est venu s’installer et travailler dans la région du Centre du Vietnam durant les premières années du 20ème siècle jusqu’à la fin de sa vie. Outre sa découverte de remèdes pour la prévention d’épidémies, Yersin a laissé pour toujours, auprès de nos compatriotes, le souvenir rare d’un homme à la fois dévoué et faisant preuve d’une grande compassion à l’égard du destin humain. Cela nous ferait penser à la nécessité d’accorder notre priorité, dans nos actions de coopération, à l’éducation et à la formation de nos générations futures et par là de considérer les échanges culturels et artistiques entre nos acteurs et partenaires de nos deux sociétés comme une base solide et un moteur puissant qui propulse le développement durable de notre partenariat stratégique. 
> 
> Mesdames et messieurs, 
> Chers amis, 
> Dans ce contexte de mondialisation caractérisé par l’entrecroisement et l’interdépendance de nos relations internationales, je voudrais vous faire part de quelques unes de mes réflexions sur notre partenariat stratégique singulier qui comporte plusieurs spécificités. Je voudrais en souligner la dimension très spécifique de par nos affinités culturelles et la profondeur historique des relations entre nos deux pays ainsi qu’entre nos deux peuples français et vietnamien. N’oublions pas non plus que le Vietnam est un membre actif de la Francophonie. Comment donc développer ce partenariat dans le cadre général des relations de coopération entre l’Asie et l’Europe ? 
> 
> A l’heure actuelle, la coopération entre nos deux continents est régulée par le l’ASEM et le dialogue ASEAN-UE... Dans cette donne, que devrions-nous faire pour faire du partenariat stratégique franco-vietnamien un nouveau pont entre l’Asie et l’Europe ? Du côté Est de ce pont, c’est l’Asie avec les deux économies de premier rang dans le monde, de grandes économies et surtout l’Association des Nations de l’Asie du Sud-est, qui est en passe de devenir une communauté économique importante, forte de ses 600 millions de consommateurs, connue pour sa jeune main d’œuvre et son PIB de 2200 milliards de USD. Du côté Ouest de ce pont, c’est l’Union européenne, une civilisation ancienne, une économie puissante et le grand exportateur du monde. Formons le vœu que ce nouveau pont franco-vietnamien contribue à la promotion de la coopération entre ces deux ensembles économiques géants, ce afin de donner une nouvelle impulsion à l’économie mondiale et d’encourager de retour par la suite un développement vigoureux du partenariat stratégique franco-vietnamien. 
> 
> La France a été le premier pays européen à signer le Traité d’Amitié et de Coopération (TAC) de l’ASEAN (2007) et entretient des relations intenses avec plusieurs pays de l’ASEAN. L’établissement d’un partenariat stratégique avec le Vietnam en constitue une preuve vivante. C’est aussi à partir de 1995 que les relations entre le Vietnam et l’Union européenne, ont connu un essor important. Les relations franco-vietnamiennes y sont pour beaucoup en tant qu’un moteur important. Grâce au soutien actif de la France, le Vietnam et l’Union européenne ont signé l’Accord de Partenariat et de Coopération intégrale (PCA) et engagent en ce moment des négociations sur un accord de libre-échange. Cela va créer un nouveau et plus grand cadre de coopération pour la coopération franco-vietnamienne. A l’heure actuelle, le Vietnam participe aux négociations du Partenariat Trans-Pacifique (TPP) connu pour son grand ampleur et son niveau élevé d’ouverture de marché. C’est une bonne opportunité pour les produits de nos entreprises franco-vietnamiennes d’accéder aux douze grands marchés de l’Asie-Pacifique (dont les Etats-Unis et la Japon). Il est à noter que le partenariat stratégique franco-vietnamien devrait évoluer de manière équilibrée et être en phase avec le couple France-ASEAN et le couple Vietnam-UE pour multiplier la force et l’efficacité. 
> 
> Parallèlement aux développements positifs de la coopération Asie-Europe, nous ressentons aussi l’ardeur de la compétition d’intérêts stratégiques, notamment entre les grands pays et constatons des frictions nées des différences en termes de valeurs culturelles, historiques et humaines... tout ceci doit être équilibré de manière satisfaisante. La coopération et l’interdépendance doivent l’emporter sur le nationalisme égoïste. Dans ce contexte marqué par de nombreux défis, il est très important de construire une confiance stratégique entre les pays partenaires. N’est ce pas une raison pour laquelle le partenariat stratégique franco-vietnamien basé sur la confiance, les valeurs historiques, culturelles et humaines spécifiques, devrait être mis en valeur de manière à produire des effets multiplicateurs pour contribuer à construire un environnement coopératif, pacifique et promouvoir le développement en Asie comme en Europe. Cela permettra à nos deux pays de contribuer à la prévention des actes d’ingérence à calculs égoïstes et inéquitables, des tentatives mettant en avant une puissance unilatérale, des revendications aberrantes, des actes contraires au droit international, des actes arbitraires et relevant d’une politique de force, ce pour la paix, la sécurité, la coopération au développement et la prospérité dans le monde. 
> 
> Aujourd’hui, nous nous réjouissons de l’établissement d’un partenariat stratégique entre nos deux pays. Il s’agit cependant d’un premier pas. Nous avons de bonnes opportunités tout comme des défis devant nous. Je souhaiterais recevoir vos avis et vos contributions afin de définir des solutions appropriées, de nouvelles et inventives pratiques afin de développer sans cesse ce partenariat stratégique franco-vietnamien pour la prospérité et les intérêts légitimes des deux peuples ainsi que pour la bonne entente entre les différentes nations dans le monde. 
> 
> Je vous remercie de votre attention". -VNA

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http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/09/24/la-france-doit-resserrer-ses-liens-avec-le-vietnam_3483722_3232.html
Le Monde.fr | 24.09.2013 à 17h05 • Mis à jour le 24.09.2013 à 18h31

La France doit resserrer ses liens avec le Vietnam

Par Philippe Delalande

Le premier ministre du Vietnam, Nguyên Tân Dung, effectue une visite d’Etat en France du 24 au 27 septembre. Elle a été préparée par un déplacement des ministres des affaires étrangères, Pham Binh Minh à Paris en mars dernier, et Laurent Fabius à Hanoi en août. Le premier ministre vietnamien signera à l’occasion de sa venue avec son homologue français un accord de Partenariat stratégique France-Viêtnam. Les 26 articles de cet accord se répartissent en cinq chapitres et réunissent en un seul texte les accords de coopération divers déjà conclus, les relations entre les deux pays y gagneront en cohérence.

L’accord de partenariat stratégique prend aussi une valeur symbolique. Il est signé l’année du quarantième anniversaire de la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays et dans " l’année croisée France-Vietnam, 2013-2014 ". Hélas, l’accord ne comporte pas d’innovations marquantes.

Les deux pays se feront l’avocat de leur partenaire auprès des organisations régionales dont ils sont membres, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) d’un côté, l’Union européenne de l’autre. La France s’efforcera d’y obtenir pour le Vietnam le statut d’économie de marché. Concernant la défense, L’accord du 12 novembre 2009 sera amplifié. La France fournira son concours aux industries de défense du Vietnam.

UN ENJEU PLUS IMPORTANT POUR LA FRANCE
En matière économique, on s’efforcera de donner suite au dialogue stratégique ouvert à Hanoi le 9 avril 2013. Les échanges, la coopération, les investissements devront être développés, surtout dans les industries aéronautiques, les transports, les infrastructures urbaines, le développement durable, l’informatique, la santé, les industries agroalimentaires, l’énergie nucléaire. La France, deuxième donateur d’aide publique au développement au Vietnam confirme sa volonté de poursuivre son aide. Elle accueillera dans de meilleures conditions les étudiants vietnamiens, renforcera son concours à l’Université des sciences et de technologie de Hanoi et soutiendra l’enseignement du français et en français au Vietnam.

Pour la France, l’enjeu est plus important que ne le laisse croire les termes de cet accord. Elle semble aujourd’hui perdre pied au Vietnam. Même si le volume global des échanges bilatéraux augmente, le déficit commercial de la France en 2012 fut de 2,1 milliards d’euros. Il s’est creusé de plus de moitié par rapport à 2011.

Bien que l’Hexagone ait été le premier investisseur occidental au Vietnam, le pays a été doublé par les Etats-Unis en 2006, puis par les Pays-Bas en 2007. Or le Vietnam voit son influence croître dans le Sud-Est asiatique. On le classe parmi les émergents prometteurs. Depuis l’entrée en vigueur de l’accord de libre échange entre l’Association des pays de l’Asie du Sud-Est et la Chine en 2010, un investisseur français au Vietnam peut exporter dans la plus grande zone libre-échange du monde. C’est une base stratégique.

UNE DIPLOMATIE TOURNÉE VERS L’ASIE
Affecté par la crise mondiale, le Vietnam était en mauvaise posture début 2011. Il a courageusement rétabli ses comptes publics, en partie résorbé une inflation galopante réduite à 6 % cette année. Après quatre dévaluations, il a stabilisé son taux de change depuis un an, reconstitué ses réserves de change. Sa balance commerciale est excédentaire. Les investissements étrangers reviennent. Le taux de croissance en 2012 fut de 5,25% et sera du même ordre en 2013.

Mais des difficultés demeurent. Les entreprises et banques publiques sont mal gérées, souvent déficitaires. Elles ont donné lieu à des scandales. Les créances douteuses, mal inventoriées, semblent croître. Or réformer le secteur public qui assure le tiers du PIB, est ardu car on est là au cœur du système politique communiste. Les accords de partenariat stratégique entre pays se multiplient. Ils ne sont assortis ni d’échéanciers, ni de moyens de financement. Certains restent donc sans suite. Il faut espérer que cet accord ne connaîtra pas pareil sort.

La diplomatie française s’est enfin convaincue que l’avenir se déroulerait en grande partie en Extrême-Orient. Son action est résolument tournée vers l’Asie. Cette conversion conforte l’espoir que cet accord de partenariat stratégique avec un pays à la situation enviable sur la mer de Chine et aux relations historiques encore fortes avec la France débouchera sur des réalisations concrètes dont les deux pays tireront profit.

Philippe Delalande (économiste, membre du groupe d’Etude prospective Asie21/ Futuribles)

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/09/24/partenariat-france-vietnam-n-oublions-pas-les-libertes-des-citoyens-vietnamiens_3483707_3232.html
Le Monde.fr | 24.09.2013 à 18h04 • Mis à jour le 24.09.2013 à 18h33

Partenariat France-Vietnam : N’oublions pas les libertés des citoyens vietnamiens

Par Vo Van Ai

Un cybercafé à Hanoï. | Tran Van Minh/AP

Le premier ministre vietnamien Nguyen Tan Dung doit se rendre en visite officielle à Paris ce 24 septembre. Il a été invité par le gouvernement français qui envisage un partenariat stratégique avec le Vietnam pour cette année 2013-2014 proclamée "année France-Vietnam" à l’occasion du 40e anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques. En dehors des liens historiques, économiques et affectifs entre les deux pays, ce mariage ressemble un peu à celui de la belle et de la bête, celui de la "patrie des droits de l’homme" et du fossoyeur des libertés.
Cette visite intervient en effet au moment où le Vietnam, pourtant prêt à entrer au conseil des droits de l’homme de l’ONU dès l’an prochain, intensifie sa répression contre les blogueurs et cyberdissidents, les militants pro-démocratie, les défenseurs des droits de l’homme et les dissidents politiques et religieux. Le régime vietnamien souffre de cette schizophrénie depuis l’ouverture de l’économie avec le "Doi Moi", du nom de la politique de réforme économique lancée en 1986 : il faut plaire à une communauté internationale attachée aux droits de l’homme (pour attirer les capitaux et les aides) tout en réprimant la population (pour ne pas perdre le pouvoir).

31 MILLIONS D’INTERNAUTES
La liberté d’expression sur Internet est sa bête noire. Hanoi vient d’adopter un décret, le 72/2013/ND-CP entré en vigueur le 1er septembre, qui pénalise systématiquement ceux qui s’expriment en son nom. Le Vietnam a en effet beaucoup misé sur le Web pour son développement économique au point de devenir en quelques années l’un des pays les plus connectés de l’Asie du Sud-Est. Le résultat est là : depuis l’an 2000, le nombre d’internautes vietnamiens a été multiplié par 15, atteignant 31 millions d’usagers, soit un tiers de la population. Si l’accès à Internet n’était autrefois possible qu’à partir des cybercafés, il a maintenant envahi les foyers notamment par le biais des téléphones portables (130 millions pour une population de 90 millions de personnes).

Cet essor formidable d’Internet a réveillé la soif de la population pour l’information, les échanges et la participation aux affaires du pays. Les blogs et microblogs ont éclos par millions pour contourner l’information partiale d’une presse officielle aux ordres et palier l’inaction des associations d’Etat et autres organisations inféodées au parti unique. Un embryon de presse libre est né avec ces blogs. Les plus représentatifs sont sans doute les blogs Bauxite, VN et Dan Lam Bao ("journalisme fait par les citoyens").

Parallèlement, la population a pu se mobiliser sur les problèmes qui la préoccupaient. Il y a eu la question des paysans expulsés de leurs terres, la corruption des cadres, les dangers de l’exploitation par la Chine de la bauxite sur les hauts-plateaux. Il y a eu surtout le mécontentement du peuple face à la faiblesse du gouvernement dans le litige avec la Chine sur les îles de la mer de Chine méridionale. Entre juin et août 2011, grâce aux SMS et à Facebook, des manifestations ont été organisées tous les dimanches à Hanoi et Ho Chi Minh Ville pour protester contre le gouvernement et la Chine. Ces manifestations ont été réprimées.

HARCÈLEMENTS ET VIOLENCES
Pays d’Asie du Sud-Est parmi les plus connectés, le Vietnam reste l’un des pires violateurs de la liberté d’expression. Percevant dès l’origine internet comme une menace, il s’est attelé à contrer ses "effets négatifs", c’est-à-dire la liberté qu’il pourrait instiller à la population. "Avec le boom de l’internet, la liberté d’expression et la liberté de la presse deviennent un problème global" pouvait-on lire tout récemment dans la presse officielle.

L’explosion de la parole sur internet a cependant pris au dépourvu les autorités vietnamiennes qui ont répliqué par la répression contre les blogueurs et les cyberdissidents : harcèlements, agression par des voyous au service de la police, internement en hôpital psychiatrique, violences policières, y compris agressions sexuelles, arrestations et détentions arbitraires. Et procès iniques avec à la clé de lourdes peines d’emprisonnement.

En fait, le Vietnam est en train de commettre la pire des répressions contre les militants pro-démocratie et les blogueurs. Pour la seule année 2013, 49 dissidents ont déjà été emprisonnés ! Avec cynisme, le gouvernement de Nguyen Tan Dung couvre tout cela d’un vernis de légalité avec un arsenal de lois scélérates, dont le décret 72 n’est que le dernier exemple.

" SÉCURITÉ NATIONALE ", UNE NOTION FOURRE-TOUT
Le Vietnam avait imposé le strict contrôle des usagers par les propriétaires de cybercafés ainsi que l’installation de logiciels espions sur leurs ordinateurs. Il a créé une cyberpolice pour chasser les "informations interdites". Il a imposé aux internautes la responsabilité pénale de ce qu’ils font sur le Web mais aussi des messages qu’ils reçoivent. Parallèlement, le régime a procédé à des attaques contre des sites d’opposition à l’étranger et à l’infection de milliers d’ordinateurs par des logiciels espions. Des concurrents locaux de Facebook ou Twitter ont été créés pour contrôler les internautes, où il faut donner sa véritable identité pour pouvoir s’inscrire.

Quant au décret 72, il interdit un si large éventail de comportements qu’on ne sait pas ce que l’on a le droit de faire. Il oblige les fournisseurs étrangers de services internet à fournir des informations sur leurs usagers au Vietnam. Il interdit aussi aux internautes de parler d’actualité sur leurs blogs, sites personnels ou réseaux sociaux. Seules les informations "personnelles" sont tolérées. Le régime a expliqué benoîtement que c’était pour protéger le copyright...

A côté de toutes ces mesures spécifiques, le Vietnam jouit d’un réservoir de textes anti-liberté d’expression de droit commun. En premier lieu, les dispositions du code pénal sur la notion fourre-tout de "sécurité nationale" que l’ONU a dénoncé de longue date, sans effet.

DES REPORTERS TROP CURIEUX ARRÊTÉS
Ceux qui communiquent avec l’étranger peuvent être poursuivis pour "espionnage" (article 80 du code pénal). L’article 88 sur la "propagande anti-socialiste" passible de 3 à 20 années de prison est aussi utilisé massivement pour réprimer la moindre critique. L’un des plus kafkaïens reste l’article 258 portant sur l’ "abus des libertés démocratiques pour nuire aux intérêts de l’Etat" qui prévoit des peines allant jusqu’à 7 ans de prison.

Tous ces textes créent un climat de terreur et mènent à l’autocensure, forme la plus aboutie de censure. Les journalistes doivent payer des dommages-intérêts aux personnes qu’ils mettent en cause dans leurs articles. Les reporters trop curieux sont arrêtés comme Vo Thanh Tung et ses collaborateurs en août dernier, ou Nguyen Van Khuong, arrêté en 2012. Tous écrivaient sur la corruption de la police et ont été poursuivis pour... corruption.

La répression contre la liberté d’expression et de la presse n’est que la partie visible de l’iceberg. En réalité toute la société vietnamienne est réprimée : il y a les paysans arbitrairement expulsés de leurs terres, les minorités ethniques (montagnards, hmong, khmers krom, etc.) et les religions " non reconnues " (bouddhiste, catholique, cao dai, bouddhiste hoa hao et protestantes) qui subissent continuellement harcèlements, violences, arrestations et détentions arbitraires. Depuis 2003, Thich Quang Do, chef de l’Eglise bouddhique unifiée du Vietnam de 86 ans, est détenu dans une pagode-prison sans aucune justification. Mais de cela, il ne sera peut-être pas question à Matignon.

Vo Van Ai (président du comité Vietnam pour la défense des droits de l’homme)