Présentation du livre « Vietnamiens » de Benoît de Tréglodé à la librairie « Le Phénix »

Dans le cadre de cette très sympathique librairie spécialisée dans l’Extrême- Orient, Benoît de Tréglodé nous a présenté le 1 octobre la genèse de son dernier ouvrage (qui sera analysé ultérieurement dans Perspectives).

Spécialiste des questions stratégiques et des relations internationales, Benoît de Tréglodé ne se sentait pas particulièrement légitime pour écrire sur l’intimité du peuple vietnamien, même s’il en parle la langue et l’a fréquenté depuis ses débuts de coopérant en 1996. Il a cependant été convaincu par Henry Dougier, créateur de la collection « Lignes de vie d’un peuple ». L’esprit de cette collection, qui suit une charte éditoriale bien précise, c’est de donner la parole aux habitants, disons : aux habitants du pays profond, et pas uniquement aux « élites » occidentalisées qu’on a l’habitude d’entendre.

Ce sont donc vingt-six portraits qui nous sont proposés ; certains étaient des relations de l’auteur ; d’autres des relations de relations. Bien sûr, il y a eu des refus ; en particulier, les personnes d’un certain âge craignaient que le livre ne soit trop politique. Mais la longue fréquentation du Viet Nam par Benoît de Tréglodé a parlé en sa faveur, et il a finalement obtenu un panel très divers, du nord au sud du pays, où se côtoient une éleveuse bio et une chanteuse, un député et un opposant anti-communiste, des militaires et un militant LGBT, des Viet Kieu, des habitants des villes comme des campagnes et aussi des représentants des minorités ethniques. La crise du Covid est évidemment venue compliquer un peu la fin des entretiens, mais enfin le livre a abouti…

Quelques grands traits : l’auteur a observé une vraie fracture générationnelle ; les moins de trente-cinq ans parlent de tout librement ; dans l’ensemble ces personnes sont satisfaites de vivre au Viet Nam et le manque de liberté politique ne semble pas leur importer : du moment que l’économie marche…. Un cinéaste dont les films ne sont pas diffusés au Viet Nam dit : les films sont diffusés à l’extérieur et rapportent des devises alors on me fiche la paix….

Anne Hugot Le Goff

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