Trois artistes vietnamiens sont actuellement à l’honneur au musée Guimet (Musée National des Arts Asiatiques –MNAAG) dans le cadre d’une nouvelle saison placée sous le signe du Vietnam contemporain.

Le MNAAG accueille la première exposition d’ampleur de Huong Dodinh. L’artiste, née en 1945, a construit, pendant plus de cinq décennies, une œuvre épurée, vibrante et spirituelle, sans chercher à l’exposer. Sa quête de la lumière, sa fascination pour la neige et le blanc immaculé, se retrouvent dans la clarté, la densité et la transparence qui définissent son travail. Pour la salle Champa du MNAAG, Huong Dodinh a choisi d’exposer des œuvres réalisées après 1993, date à laquelle elle a entrepris un voyage de retour dans son pays natal. Elle évoque ses souvenirs face à la baie d’Ha Long avec des papiers enduits marouflés sur bois. Une seconde série d’œuvres, réalisées ces vingt dernières années, est présentée à l’Hôtel d’Heidelbach.

La bibliothèque historique du MNAAG abrite l’installation de Thu-Van Tran : Faits du même bois. Le travail de l’artiste, née en 1979, s’est construit via le prisme de sa double culture, de l’histoire coloniale qui lie ses deux pays, et des systèmes d’exploitation généralisés de l’homme et de la nature à travers le monde globalisé. Son œuvre privilégie la sculpture et le moulage, mais explore également la peinture, le film et l’installation.

Expositions jusqu’au 13 décembre 2021

Plasticien du végétal, poète de l’éphémère, Duy Anh Nhan Duc, artiste franco-vietnamien né en 1983 à Hô Chi Minh-Ville et vivant à Paris, fait de la nature la matrice de ses œuvres, créant des installations poétiques à partir de matières qui le fascinent.

Pour le MNAAG, il imagine « Le Parloir des souhaits », une ode au pissenlit qui invite dans la rotonde du 4e étage autour de trois installations à renouer avec le vivant. L’artiste conçoit l’exposition comme un voyage initiatique qui appelle à expérimenter et vivre l’installation. Le pissenlit qui renferme en lui toute la puissance et la beauté du monde mais aussi sa fragilité, agit comme un révélateur de la situation écologique et sociale d’aujourd’hui.

De son enfance vietnamienne, Duy Anh Nhan Duc a conservé l’impression forte de jungles, qui peuvent assaillir intimement un petit garçon dans la luxuriance de la végétation et la montée des odeurs de terre. Exilé loin du jardin de son enfance, il renoue avec cet horizon perdu, en se concentrant sur l’harmonie géométrique de la flore. Observateur des cycles du vivant, Duy Anh a trouvé le meilleur moment pour les cueillir, sans les flétrir, et les éterniser en parterres. Il offre une étendue de rêves, défie le fragile.

Exposition jusqu’au 7 février 2022

Anne Hugot-Legoff

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