De la solidarité à la coopération

Photo ci-dessus : « Une journée au Vietnam », initiative du comité local d’Eure-et-Loir de l’AAFV.

Les termes de « solidarité » et de « coopération » sont récurrents dans nos interventions. Ils sont le reflet même des raisons d’être de notre association. Toutefois, si les deux notions sont complémentaires, elles expriment aussi des réalités différentes.

La solidarité est une responsabilité qui engage moralement la personne qui s’y implique. Elle consiste à se comporter comme si chacun était directement confronté au problème de l’autre. Tout se passe comme si, sans cet engagement, l’avenir de chacun était compromis. Mais la responsabilité, si elle implique d’assumer ses propres décisions, ne doit pas se substituer au pouvoir qu’à l’autre de choisir ses propres options. La responsabilité s’inscrit ainsi dans un engagement moral qui fait sens, un sens universel qui n’engage pourtant que soi.  Elle peut impliquer de la reconnaissance, mais en aucun cas de la réciprocité. Cette forme distinguée du bénévolat peut devenir alors assez attractive pour susciter l’adhésion du plus grand nombre dans un contexte où la conscience collective s’étiole en faveur de la recherche d’un intérêt réciproque bien compris. Dans une situation d’individualisme dominant, la solidarité active s’avère une forme de résistance à l’indifférence sournoise. Elle peut être conjoncturelle et limitée dans le temps.

La coopération n’est pas une action de résistance. Elle accompagne un mouvement d’ensemble pour l’orienter positivement, avec rigueur, dans un esprit d’ouverture à l’autre. Elle consiste à participer à un projet commun, si possible structurel et donc pérenne, avec le souci de l’intérêt général. Elle implique confiance, compréhension et bienveillance partagées. Tous ces ingrédients ne contribuent-ils pas à fonder, de fait, l’amitié entre nos deux peuples ? La coopération est une forme d’entraide organisée avec une volonté d’agir ensemble, chacun s’appuyant sur les forces de l’autre afin de surmonter ses propres fragilités. Elle s’inscrit donc dans la durée.

Les deux aspects de nos interventions sont incontournables. Mais elles doivent aussi être différenciées.

Cela pourrait permettre de fournir des centres d’intérêt plus diversifiés et plus attractifs à des personnes plus motivées dès lors par le développement des liens d’amitié entre nos deux peuples. Ce serait aussi une façon de les fidéliser en s’impliquant dans des actions à leur mesure, celles qu’ils décideront de mettre en œuvre ou auxquelles ils voudraient donner plus d’ampleur, dans l’état d’esprit de toujours, celui de l’AAFV.

Gilbert Teneze

Président du Comité local d’Eure-et-Loir de l’AAFV

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