Mots d’adieu à Henri Peyre, au nom des membres du comité local Gard-Cévennes de l’Association d’Amitié Franco-Vietnamienne, par Gérard Terrier.

Notre ami Henri est né à Nîmes en 1936, année symbolique pour un futur militant de gauche.
Jeune homme, il hésite entre une carrière médicale et l’enseignement. Les hasards de la vie le conduiront vers l’enseignement primaire où il fera toute sa carrière, d’abord comme instituteur ensuite comme directeur d’école.

Dès 1956, pendant les vacances d’été, il est moniteur de colonie de vacances à l’Enfance Ouvrière Nîmoise au Grand Air. C’est là qu’il rencontre Anita. Ils se marieront deux ans plus tard. Ils auront 4 enfants. Ils leur donneront à tous, comme on dit, une bonne situation et cela malgré des revenus modestes.

L’Enfance Ouvrière jouera un grand rôle dans leur vie de couple. Henri deviendra directeur et Anita économe jusqu’en 1981. Après la fermeture de la colonie, Masméjean deviendra et restera leur lieu de villégiature pour le plus grand plaisir de leurs enfants, petits-enfants et même leurs amis.

Cet amoureux de l’enseignement sera successivement directeur d’école à Charles Martel, au Chemin Bas d’Avignon, au Pont de Justice à Nîmes puis à Marguerittes, village dortoir à quelques kilomètres de Nîmes où il finira sa carrière.

Pendant toutes ces années, Henri a été un militant laïque actif, convaincu, tolérant et défenseur du Service public de l’éducation.

Parallèlement, il prolonge son engagement en adhérant au Parti Communiste. Il sera conseiller municipal à Marguerittes et même candidat à des élections cantonales où il obtiendra un très bon score, preuve de la reconnaissance et de l’estime que lui portait la population.

C’est à la fin des années 80 que remonte notre rencontre et que commence notre amitié.

Alors que je suis président du comité Gard-Cévennes de l’AAFV créée en 1997, et à la recherche d’un trésorier, Henri, jeune retraité m’annonce qu’il aimerait militer dans une association de solidarité avec le Vietnam et qu’il accomplirait volontiers la tâche de trésorier à laquelle il est habitué. Ainsi pendant 20 ans, de 1997 à 2017 officiera-t-il avec la rigueur « d’un bon père de famille » dans cette tâche ingrate qui trouve peu de volontaires. Il gérera pas moins de 400 000 euros pour la solidarité. Le sérieux de son travail le fera souvent citer en exemple au niveau national.

Henri et Anita ont été pendant toutes ces années les chevilles ouvrières de toutes nos fêtes : Henri tenant les cordons de la bourse et Anita, dans l’ombre, prévoyant les menus, organisant les achats, supervisant l’armée de « petites mains » en cuisine, en salle toujours dans la bienveillance et la bonne humeur.

C’est tout naturellement qu’ils participeront à deux voyages au Vietnam. Tous deux seront des compagnons appréciés, très agréables et curieux de tout.

La curiosité d’Henri, son goût de découverte nous valut d’ailleurs une frayeur lorsqu’il décida, sans nous prévenir, de visiter, sur les Hauts Plateaux, un collège en compagnie du proviseur. Henri avait disparu, comptant seulement sur sa gestuelle en guise de traduction. Finalement il réapparut tranquille, souriant mais eut droit à quelques moqueries de ses compagnons.

Henri aimait les voyages. Il participa avec Anita à un périple à Cuba où son coup de fourchette fit sa renommée dans le groupe.

Amoureux de l’Espagne, sans doute en raison des origines d’Anita, ils fréquentaient assidûment en septembre un camping prés de Tarragone. Cette parenthèse estivale convenait parfaitement au tempérament contemplatif d’Henri.

Henri, amateur de repas entre amis, aimait aussi la lecture notamment la philosophie et l’histoire. Il était par ailleurs un bricoleur valeureux et de talent.

Notre ami a lutté longtemps contre la maladie avec des hauts et des bas. Il est parti tranquillement, dans les bras d’Anita qui depuis le début de la maladie ne l’a pas quitté.

Mon cher Henri, tu nous manqueras.

Chère Anita, chers Fréderic, Annie, Pascal, Patrick, Géraldine, vos enfants et petits- enfants toute votre famille soyez sûrs que nous sommes proches de vous et en cette triste circonstance et dans la situation inédite que nous traversons nous pensons très fort à vous.

Sans le confinement il est bien certain qu’un très grand nombre d’amis auraient voulu dire un dernier adieu à Henri. Mais sachez qu’ils sont présents par la pensée. Nous garderons d’Henri le souvenir d’un homme bon, jovial, sérieux à la tâche et tourné vers les autres.

Henri et Anita au Vietnam

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